Près de 400 Casques blancs sont toujours bloqués dans le Sud syrien au lendemain d'évacuations orchestrées par Israël, a indiqué lundi à l'AFP un de ces secouristes, qui s'inquiète du sort que le régime pourrait leur réserver.

Mis à jour le 23 juill. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous appelons les parties concernées à nous aider à sortir » du Sud syrien, a confié à l'AFP César, 23 ans, volontaire de l'équipe de presse des Casques blancs dans la ville de Deraa.

Israël avait annoncé dimanche l'évacuation vers la Jordanie de centaines de Casques blancs et de membres de leurs familles, lors d'une opération exécutée dans le plus grand secret à la demande de pays occidentaux prêts à ces accueillir ces secouristes devenus mondialement célèbres pour leurs opérations dans les zones rebelles.

Au total, 422 personnes évacuées dans la nuit de samedi à dimanche étaient arrivées en Jordanie, selon Amman.

À terme, elles doivent être accueillies en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Canada ou encore en France, qui a assuré lundi qu'elle « prendrait sa part » dans l'accueil de ces hommes dont le travail leur avait valu d'être considérés pour le prix Nobel de la paix en 2016.

Selon César, près de 400 volontaires des Casques blancs sont toujours pris au piège dans les provinces méridionales de Deraa et de Qouneitra.

Dans ces secteurs proches de la partie du plateau du Golan occupée par Israël, le régime de Damas a maintenant repris la quasi-totalité des territoires rebelles au terme d'offensives meurtrières et d'accords de capitulation.

César a expliqué à l'AFP avoir appris « par hasard », il y a quelques jours, l'existence d'un plan d'évacuation des Casques blancs mais quand il a essayé de s'inscrire, les responsables lui ont expliqué qu'il n'y avait plus de place.

« Une réunion sur notre sort s'est tenue aujourd'hui [lundi]. Nous avons été informés que les efforts avaient échoué », a déploré César.

« La sortie via Israël n'a fait qu'empirer la situation », a-t-il ajouté. « On craint maintenant la réaction du régime et de la Russie », allié du pouvoir syrien.

Le régime de Bachar al-Assad, qui accuse régulièrement les Casques blancs d'être liés à des groupes djihadistes, a en effet fustigé lundi les évacuations menées par Israël comme une « opération criminelle ».

Israël et la Syrie sont techniquement toujours en état de guerre.