Syrie: l'offensive turque se poursuit à Afrine, des milliers de déplacés

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Une jeune fille kurde fait un signe de paix lors d'une manifestation pour dénoncer les attaques turques à Afrine.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Delil SOULEIMAN
Agence France-Presse
Afrine

De violents affrontements entre les forces turques et les combattants kurdes secouent mercredi des villages d'Afrine, enclave du nord-ouest de la Syrie pilonnée par les frappes aériennes, et où les blessés continuent d'affluer dans les hôpitaux.

Ankara ne cesse de réitérer sa détermination à poursuivre son offensive lancée le 20 janvier, malgré les appels à la retenue. Mercredi, le président français Emmanuel Macron l'a mis en garde contre toute velléité «d'invasion» de la Syrie.

La Turquie a lancé cette nouvelle opération avec l'aide de rebelles syriens pour chasser de sa frontière la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), classée groupe «terroriste» par Ankara mais allié incontournable de Washington dans la lutte contre les jihadistes.

Les avions turcs survolaient mercredi matin la ville d'Afrine, a constaté un correspondant de l'AFP, et les bombardements dans les environs de la cité ont gagné en intensité ces derniers jours, a-t-il précisé.

Des roquettes se sont abattues sur la ville d'Afrine, relativement épargnée par les violences, faisant 12 blessés, selon des responsables kurdes.

Mais les combats les plus violents se déroulent principalement dans le nord et l'ouest de la région. Ils sont accompagnés de tirs d'artillerie et de frappes aériennes turques, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

À Afrine, quelque 15 000 personnes fuyant les combats ont été déplacées dans la région, tandis qu'un millier ont trouvé refuge dans la province voisine d'Alep, selon Ursula Mueller, secrétaire générale adjointe de l'ONU, chargée des Affaires humanitaires.

«Les civils meurent»

Dans le principal hôpital de la ville d'Afrine, les blessés continuent d'affluer mercredi, a précisé le correspondant de l'AFP.

Allongée sur un lit d'hôpital, une vieille dame au visage ridé pleure bruyamment alors qu'un médecin tente d'examiner son crâne.

Une infirmière demande à un jeune garçon d'ouvrir la main, pendant qu'elle enroule un bandage, tandis qu'une de ses collègues lui nettoie une plaie à la jambe.

«Tout le monde sait que les civils meurent», tonnait déjà mardi soir un vieillard dans l'hôpital après avoir perdu 12 membres de sa famille.

«Nous sommes les Daech d'Afrine», a-t-il ironisé, la tête et les mains bandées, utilisant l'acronyme en arabe du groupe État islamique (EI).

«Un enfant de 3 ans, un autre de neuf mois...», s'est-il lamenté.

Une famille de quatre personnes est elle venue récupérer le corps du patriarche, 80 ans. La tête posée contre le cercueil, une femme pleure.

La Turquie indique prendre pour cible uniquement les positions militaires des YPG. Mardi, le ministre turc de la Défense, Nurettin Canikli, a assuré devant le Parlement que l'armée et les rebelles syriens qui lui sont alliés «n'ont fait de mal à aucun civil».

Côté turc, une adolescente de 17 ans a été tuée dans la ville frontalière de Reyhanli par une roquette tirée depuis le nord de la Syrie, une attaque imputée aux YPG par l'agence étatique Anadolu.

Depuis le début de l'offensive, les villes frontalières en Turquie sont régulièrement la cible de tirs de roquettes, qui ont déjà fait au moins quatre morts.

«Opération d'invasion»

Évoquée depuis plusieurs mois, l'intervention turque à Afrine a été précipitée par l'annonce de la création d'une «force frontalière» incluant les YPG, et parrainée par la coalition internationale antidjihadistes emmenée par Washington.

La Turquie n'a jamais accepté l'autonomie de facto établie par les Kurdes dans le nord syrien à la faveur du conflit, craignant de voir sa propre communauté kurde développer des aspirations similaires.

Mercredi, le président français Emmanuel Macron a exprimé sa préoccupation, dans un article mis en ligne par Le Figaro.

Si «cette opération devait prendre un autre tour qu'une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque, et que c'était une opération d'invasion, à ce moment, cette opération nous pose(rait) un problème réel», a affirmé M. Macron.

Réagissant à ces déclarations à Ankara, le premier ministre turc Binali Yildirim a déclaré que cette «idée (était) fondamentalement erronée», assurant que son pays n'agissait «absolument pas dans une logique d'invasion».

Depuis le 20 janvier, 91 combattants kurdes ont été tués de même que 85 rebelles pro-Ankara, selon l'OSDH. En outre, 67 civils dont 20 enfants ont péri dans les bombardements turcs sur Afrine, a ajouté l'ONG.

Ankara a par ailleurs affirmé avoir perdu sept soldats dans l'opération.

L'offensive vient compliquer davantage la recherche d'une solution à la guerre en Syrie, qui a fait depuis 2011 plus de 340 000 morts.

Mercredi, deux obus ont été tirés sur l'aéroport de Damas, sans faire de dommage, selon l'agence officielle Sana.




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