Au lendemain de l'attaque dirigée sur la base aérienne de Shayrat, les secousses se font sentir jusque chez les immigrants syriens du Canada.

LE DROIT

Les frappes américaines contre la Syrie ont divisé le monde en deux. Alors que certains appuient le geste des États-Unis, d'autres soutiennent plutôt qu'ils ne font qu'ajouter de l'huile sur le feu.

« Je suis énormément choqué de voir des attaques injustifiées sur mon pays », exprime le président de l'Association arabe syrienne du Canada, Louis Mounir.

Il ajoute que les soupçons n'étaient pas fondés : l'hypothèse suggérant que l'attaque chimique ait été menée par le gouvernement de Bachar Al-Assad n'a pas été prouvée.

« Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne, ça prend une enquête, dénonce le Syrien établi à Ottawa. Mais la guerre, c'est une industrie pour les États-Unis. C'est pour faire de l'argent. »

Un brin d'espoir

L'avis de M. Loumir ne fait toutefois pas l'unanimité.

Et si l'initiative de Donald Trump permettait, au contraire, de faire bouger les choses ? C'est ce que croit Faisal Alazem, directeur du Conseil syro-canadien.

« J'ai été surpris de l'attaque, mais je pense que c'est quelque chose de positif », affirme-t-il.

Le conflit persiste depuis 2011 : cela fait déjà six ans que la Syrie baigne dans une atmosphère de violence. 

Mais aujourd'hui, le directeur du Conseil syro-canadien dit apercevoir un brin de lumière dans la noirceur qui plane sur la Syrie.

Selon lui, les frappes américaines feront pression sur le président syrien.

« Le niveau de violence en Syrie est terrible, surtout depuis six ou sept mois. Il y a des atrocités inimaginables parrainées par le régime Assad, continue-t-il. Alors pour moi, avoir l'appui des États-Unis, c'est encourageant. »

Encore surpris par les événements de jeudi, M. Alazem espère qu'une campagne sera mise sur pied prochainement afin de mettre un terme au conflit syrien.

« Il faut que ça arrête. On ne peut plus laisser tout ça aller, souligne-t-il. Et il y a un prix quand on commet un crime contre l'humanité. »

Marika Bellavance, collaboration spéciale