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Washington a tenté de secourir des otages de l'EI

Lors d'une conférence de presse mercredi à Martha's Vineyard,... (Photo: AFP)

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Lors d'une conférence de presse mercredi à Martha's Vineyard, au Massachusetts, Barack Obama a jugé que l'EI, qui veut instaurer un califat en Irak et en Syrie, n'avait «pas sa place au XXIe siècle» et que ce groupe islamiste ultra-radical «ne parlait au nom d'aucune religion».

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Jérôme CARTILLIER, Guillaume DECAMME
Agence France-Presse
Washington

Les États-Unis ont tenté «plus tôt cet été» de secourir en Syrie des Américains otages de l'État islamique, le groupe djihadiste ultra-radical qui a revendiqué la décapitation du journaliste américain James Foley.

Lors d'une brève allocution depuis son lieu de vacances, le président américain Barack Obama a rendu hommage à James Foley et appelé «les gouvernements et les peuples du Moyen-Orient» à travailler ensemble à lutter contre l'État islamique pour «extraire ce cancer afin qu'il ne se répande pas».

Il a assuré que les États-Unis, qui procèdent à des frappes aériennes dans le nord de l'Irak depuis le 8 août, n'avaient pas l'intention de s'arrêter là: «Quand des Américains sont visés quelque part, nous faisons ce qui est nécessaire pour que justice soit faite».

Dans la soirée, le Pentagone et la présidence américaine ont rendue publique une opération effectuée «plus tôt cet été» destinée à secourir «un certain nombre d'Américains retenus en otage en Syrie» par les djihadistes, sans toutefois préciser leur nombre ou leur identité.

L'opération a échoué, «parce que les otages n'étaient pas présents» dans le lieu repéré par les services de renseignement américains.

Peu avant, l'armée américaine avait annoncé qu'une nouvelle vague de 14 bombardements avait été menée ces dernières 24 heures. Selon un haut responsable américain, le Pentagone envisage d'envoyer environ 300 soldats supplémentaires en Irak où se trouvent déjà 850 soldats et conseillers militaires, un peu plus de deux ans et demi après le retrait des troupes américaines du pays.

«Pas sa place au XXIe siècle» 

Dans la vidéo montrant l'assassinat de James Foley, dont l'authenticité a été confirmée par la Maison Blanche, les djihadistes menacent d'exécuter un second otage américain, Steven Sotloff, également journaliste, si le pilonnage se poursuit.

M. Obama a jugé que l'EI, qui veut instaurer un califat en Irak et en Syrie, n'avait «pas sa place au XXIe siècle» et que ce groupe islamiste ultra-radical «ne parlait au nom d'aucune religion».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé un «crime abominable».

Leur vidéo diffusée mardi sur internet et intitulée «Message à l'Amérique» montre un homme s'exprimant en anglais avec un accent britannique, masqué et habillé de noir qui semble couper la gorge de James Foley, enlevé en novembre 2012 en Syrie.

Le Premier ministre britannique David Cameron a ainsi déclaré qu'il était «de plus en plus probable» que le bourreau non identifié soit un Britannique.

«Tout cela n'a aucun sens», a déclaré son père John Foley. «La façon dont il est mort est affreuse. Cela témoigne de son courage. Nous pensons qu'il est mort en martyr, en martyr pour la liberté».

Sa mère, Diane Foley, a imploré les ravisseurs «d'épargner la vie des autres otages».

L'un de ses employeurs GlobalPost a rapporté que Diane et John Foley avaient été avertis par les djihadistes que leur fils serait tué.

«Nous sommes horrifiés par la diffusion de cette vidéo», a déclaré le PDG de l'AFP, Emmanuel Hoog.

Paris a évoqué une «barbarie». La chancelière allemande Angela Merkel est «bouleversée» par le sort du journaliste, selon son porte-parole. Le Britannique Cameron a fustigé une exécution «choquante et perverse».

La France a également dit envisager une «stratégie globale» contre un «quasi-État terroriste», tandis que Berlin et Rome se sont dits prêts à faire comme Washington et Paris, en livrant des armes aux forces kurdes pour les aider à repousser l'offensive djihadiste dans le nord de l'Irak.

Des milliers de personnes sur les routes 

Les djihadistes ont perdu ces derniers jours du terrain dans le nord irakien après une contre-offensive de l'armée et des combattants kurdes appuyée par des raids massifs de drones et d'avions américains.

Au nord et à l'ouest de Bagdad, les forces irakiennes appuyées par les milices chiites et les tribus sunnites, ainsi que les peshmergas (combattants kurdes) consolidaient leurs positions après avoir repoussé les djihadistes, mais faisaient mercredi du surplace.

Les forces engagées pour reprendre aux djihadistes la ville de Tikrit, l'ancien fief du président renversé et exécuté Saddam Hussein, n'ont pas encore réussi à y entrer.

La reprise dimanche du barrage de Mossoul, le plus important d'Irak, a constitué leur principale victoire jusque-là.

L'offensive djihadiste a jeté sur les routes des centaines de milliers de personnes dont des membres des minorités chrétienne et kurdophone des Yazidis qui ont trouvé refuge dans les montagnes du nord, au Kurdistan ou même dans des camps à la frontière syrienne.

Mercredi, le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé avoir commencé une opération logistique massive pour l'approvisionnement de secours par voies aérienne, terrestre et maritime dans le nord de l'Irak, visant à aider un demi-million de personnes ayant fui les djihadistes de l'EI accusés des pires exactions -exécutions, viols et persécutions.

L'EI est né sous un autre nom en 2004 en Irak et était considéré comme une branche irakienne d'Al-Qaïda avant de couper les liens avec ce réseau après son engagement en Syrie en 2013.

L'organisation a lancé une offensive en Irak le 9 juin s'emparant de larges pans du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad, avant d'avancer vers la région autonome du Kurdistan, face à une armée irakienne impuissante et des forces kurdes dépassées.




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