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Utilisation «systématique» d'armes chimiques en Syrie

Le régime du président syrien Bachar al-Assad et... (PHOTO PETROS KARADJIAS, ARCHIVES AP)

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Le régime du président syrien Bachar al-Assad et les rebelles s'accusent mutuellement d'utiliser des agents chimiques, dont le chlore, depuis le début de ce conflit sanglant en mars 2011, et ce, malgré la promesse de Damas de livrer l'entièreté de son arsenal d'armes chimiques.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Charles ONIANS
Agence France-Presse
LA HAYE, Pays-Bas

Des armes chimiques comme le chlore ont probablement été utilisées de «manière systématique» en Syrie, indique un rapport de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, qui enquête sur des allégations d'attaques utilisant cet agent industriel.

Dans un rapport préliminaire obtenu par l'AFP, les enquêteurs de l'OIAC en Syrie assurent que les preuves rassemblées «accordent du crédit au point de vue selon lequel des agents chimiques toxiques, probablement des agents irritants pour les voies respiratoires, comme le chlore, ont été utilisés de manière systématique au cours d'un certain nombre d'attaques».

Le régime du président syrien Bachar al-Assad et les rebelles s'accusent mutuellement d'utiliser des agents chimiques, dont le chlore, depuis le début de ce conflit sanglant en mars 2011, et ce, malgré la promesse de Damas de livrer l'entièreté de son arsenal d'armes chimiques.

L'équipe d'inspecteurs de l'OIAC, présente en Syrie depuis début mai, avait été la cible d'une attaque de rebelles le 27 mai, les empêchant d'accéder au site où se serait déroulée l'une de ces attaques, dans le village de Kafr Zeta.

«L'attaque et l'empêchement conséquent au site ne nous permettent pas de présenter des conclusions définitives», souligne le rapport de l'équipe.

Néanmoins, ces allégations «ne peuvent être rejetées comme étant non connectées, aléatoires, ou d'une nature attribuable uniquement à des motifs politiques», ajoutent les enquêteurs.

Malgré le fait qu'ils n'ont pas pu accéder au site de l'attaque présumée, les enquêteurs ont pu parler avec des médecins du village de Kafr Zeta et «ont obtenu leurs rapports médicaux concernant le traitement des individus qui auraient été exposés au chlore».

L'équipe a également obtenu des images vidéo de l'attaque et des munitions qui auraient été utilisées, dont certaines sont restées intactes.

Le chlore est un agent industriel largement répandu, avec de nombreux usages, et est non persistant, assurent les enquêteurs, qui ajoutent qu'il sera par conséquent «difficile» de prouver son utilisation.

La Syrie a assuré avoir mis en place un comité qui enquêtera sur d'autres accusations d'attaques aux armes chimiques, alors que Damas affirme avoir saisi des agents chimiques qui appartiendraient aux rebelles, qui auraient pris le contrôle d'une usine de fabrication de chlore à quelque 40 kilomètres d'Alep.

Près de 8 % de l'arsenal d'armes chimiques est toujours en Syrie, a souligné l'OIAC, répétant que la Syrie allait manquer la date butoir du 30 juin pour la destruction de son stock d'agents chimiques.

Les produits toxiques sont conditionnés et se trouvent sur un même site, mais ne peuvent être évacués pour des raisons de sécurité, arguent les autorités syriennes.

La Syrie a officiellement intégré la convention sur l'interdiction des armes chimiques en octobre 2013 dans le cadre d'un accord russo-américain sur le démantèlement de son arsenal chimique, après des accusations contre le régime d'avoir utilisé du gaz sarin lors d'une attaque meurtrière près de Damas.

L'enquête sur l'utilisation de chlore avait été annoncée fin avril après que la France et les États-Unis aient accusé le régime d'avoir utilisé un produit chimique industriel dans des attaques contre les bastions rebelles.

Le régime n'avait pas l'obligation de déclarer le gaz de chlore en tant qu'arme chimique, car il est souvent utilisé par le secteur industriel.

Le rapport souligne également qu'un cessez-le-feu avait été décidé entre le régime et les rebelles le 27 mai, quand l'équipe a été attaquée.

Malgré cette attaque, au cours de laquelle une voiture a été détruite, mais personne n'a été sérieusement blessé et bien qu'elles ne soient pas envisagées dans un futur immédiat, les «visites sur le terrain restent une possibilité».




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