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L'homme qui défie Al-Qaïda en Syrie

Un défilé de combattants d'EIIL à Raqqa, dans... (PHOTO ARCHIVES AP)

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Un défilé de combattants d'EIIL à Raqqa, dans l'est de la Syrie, le 14 janvier.

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Sa tête est mise à prix par Washington. Le régime syrien et l'Arabie saoudite le veulent mort. Et il défie maintenant ouvertement... Al-Qaïda. Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'État islamique en Irak et au Levant, ne semble craindre personne et joue sur tous les tableaux. Portrait en trois temps d'un combattant devenu un incontournable de la crise syrienne.

Une rébellion historique

Défier le chef d'Al-Qaïda n'est pas exactement la chose à faire si on aspire à une vie tranquille. C'est pourtant ce que fait Abou Bakr al-Baghdadi depuis plusieurs mois.

Ce féroce combattant est chef de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), une organisation jadis liée à Al-Qaïda, qui combat les forces du président Bachar al-Assad en Syrie.

Mais Abou Bakr a coupé les liens avec Al-Qaïda et affronte maintenant ses anciens alliés sur le terrain, alimentant la «guerre dans la guerre» de plus en plus violente que se livrent les nombreux groupes rebelles en Syrie.

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L'une des deux seules photos connues d'Abou Bakr al-Baghdadi, publiée par le gouvernement irakien en février. 

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L'EIIL croise notamment régulièrement le fer avec le Front Al-Nosra, resté fidèle à Al-Qaïda, dans des combats qui font des dizaines de morts de chaque côté.

Alain Rodier, un ancien officier des services de renseignement français aujourd'hui directeur de la recherche au Centre français de recherche sur le renseignement, juge qu'Abou Bakr al-Baghdadi a actuellement «le gros bout du bâton» contre Al-Qaïda.

«C'est le premier cadre d'Al-Qaïda qui se permet de se rebeller ouvertement contre le pouvoir central de la nébuleuse, note le spécialiste. C'est fondamental pour comprendre le personnage.»

Une discrétion extrême

On sait peu choses de celui qu'on surnomme «le fantôme» en raison de son extrême discrétion. Né en Irak en 1971, il porte plusieurs noms d'emprunt. Washington utilise souvent son nom de guerre, Abu Du'a, et offre 10 millions US pour des informations pouvant mener à sa capture.

Des militants ont affirmé au magazine Time qu'il se couvre le visage d'un foulard même en présence de ses proches collaborateurs. Jusqu'à tout récemment, une seule photo du combattant circulait publiquement. Une deuxième a été publiée par le gouvernement irakien en février.

Abou Bakr al-Baghdadi est actif depuis l'invasion de l'Irak par les Américains en 2003 et vit aujourd'hui en Syrie.

«Sa marque de commerce est l'efficacité, dit Alain Rodier, du Centre français de recherche sur le renseignement. Plusieurs djihadistes étrangers rejoignent ses rangs pour cette raison.»

Des alliés obscurs

Si Abou Bakr al-Baghdadi a des ennemis sur tous les fronts, ses alliés, eux, sont plus mystérieux. Selon Alain Rodier, d'autres groupes rebelles disposent d'un important soutien étranger (le Qatar pour le Front Al-Nosra, l'Arabie saoudite pour le Front islamique).

«Pour l'EIIL, là, j'avoue que je cherche», dit le spécialiste. Il croit que, comme plusieurs rebelles, Abou Bakr joue sur plusieurs tableaux en vendant du pétrole et des armes au régime de Bachar al-Assad qu'il est censé combattre. Ses positions de chaque côté de la frontière irako-syrienne lui permettraient de faire du trafic de toutes sortes. Sa force de frappe est en tout cas indiscutable sur le terrain, ce qui fait croire qu'il jouit probablement du soutien d'individus puissants.

Les autres mouvements d'opposition l'accusent parfois d'être téléguidé par Bachar al-Assad lui-même.

«C'est une guerre de propagande, juge Alain Rodier. Mais je ne dis pas qu'il soit impossible que sur le terrain, l'effort des forces syriennes se concentre davantage sur le Front Al-Nosra et le Front islamique.»

Les plus recherchés par Washington

Ayman al-Zawahiri

Récompense: 25 millions US

Le chef d'Al-Qaïda est l'homme le plus recherché au monde. Né en Égypte en 1951, ce médecin de formation a longtemps été numéro deux d'Al-Qaïda avant de prendre la tête de la nébuleuse à la mort d'Oussama ben Laden en 2011.

Le mollah Omar

Récompense: 10 millions US

De son vrai nom Mohammed Omar, il est le chef des talibans en Afghanistan. Il a dirigé le pays de 1996 à 2001, abritant notamment les combattants d'Oussama ben Laden. L'envoi de troupes occidentales en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001 l'a poussé au Pakistan, où il se trouverait encore aujourd'hui.

Hafiz Saeed

Récompense: 10 millions US

Ce Pakistanais a fondé et dirige le mouvement islamiste armé Lashkar-e-Taiba, considéré comme une organisation terroriste par Washington. Le groupe milite pour l'annexion du Cachemire indien au Pakistan et est soupçonné de plusieurs attentats, dont ceux de Bombay en 2008.

Yacine al-Souri

Récompense: 10 millions US

De son vrai nom Ezedin Abdel Aziz Khalil, ce Syrien est un facilitateur de haut niveau qui travaille pour Al-Qaïda en Iran. Le gouvernement américain le soupçonne de faire transiter des fonds et des hommes dans tout le Moyen-Orient.




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