Washington et Riyad veulent renforcer l'opposition syrienne modérée

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Le président Obama est arrivé dans l'après-midi dans le royaume, en provenance de Rome, dernière étape de sa tournée européenne, et s'est immédiatement rendu dans la propriété du roi Abdallah près de Riyad.

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Les manifestations pour un changement de régime en Syrie donnent lieu à de violentes répressions. Lisez notre dossier sur le sujet. »

Assad ABBOUD
Agence France-Presse
Riyad

Le président américain Barack Obama et le roi Abdallah s'entretenaient vendredi en Arabie saoudite sur les moyens de renforcer «politiquement et militairement» l'opposition syrienne modérée, un dossier qui avait cristallisé l'an passé les tensions entre les deux pays, alliés historiques.

M. Obama est arrivé dans l'après-midi dans le royaume, en provenance de Rome, dernière étape de sa tournée européenne, et s'est immédiatement rendu dans la propriété du roi Abdallah près de Riyad.

Depuis sa première visite en 2009 en Arabie, l'un des principaux alliés de Washington au Moyen-Orient, les relations entre les deux pays - qui remontent à sept décennies - ont connu des soubresauts, Riyad reprochant notamment à Washington son attitude non interventionniste en Syrie et son ouverture vers l'Iran.

Un haut responsable accompagnant le président américain, Benjamin Rhodes, a néanmoins assuré que les relations s'étaient «améliorées depuis l'automne» sur le dossier syrien, notamment en raison d'une meilleure coordination de l'aide à l'opposition.

«Notre relation avec les Saoudiens est plus forte aujourd'hui qu'à l'automne dernier, lorsque nous avions des différences tactiques», a déclaré M. Rhodes, conseiller adjoint de Sécurité nationale. Il a précisé que les deux pays travaillaient désormais «en coordination étroite» à soutenir l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

«Faire contrepoids à Assad»

Les deux hommes discuteront de la façon de «renforcer l'opposition modérée à l'intérieur de la Syrie politiquement et militairement», afin de «faire contrepoids à Assad et aussi d'isoler les groupes extrémistes» en Syrie, a souligné M. Rhodes.

Il a cependant précisé qu'il n'y aurait pas «d'annonce spécifique sur une aide supplémentaire» aux rebelles. Comme il s'est refusé à confirmer les informations du Washington Post selon lesquelles les États-Unis devraient enfin approuver la fourniture par l'Arabie de Manpad (système d'arme sol-air portable) aux insurgés syriens, dont Riyad est l'un des principaux soutiens.

Riyad avait peu apprécié la décision américaine de renoncer cet automne à des frappes sur la Syrie, après un accord avec Damas sur une destruction de son arsenal chimique.

Et le prince héritier d'Arabie saoudite Salmane Ben Abdel Aziz avait accusé mardi la communauté internationale d'avoir «trahi» la rébellion syrienne, en manque d'armes.

Sur un autre plan, Riyad a aussi manifesté son scepticisme face à l'accord intérimaire conclu en novembre 2013 entre les grandes puissances et l'Iran, qui prévoit un gel partiel du programme atomique controversé de la République islamique en échange d'un allègement des sanctions économiques.



«Relations étroites»

Le royaume, chef de file des monarchies du Golfe, redoute qu'un désengagement des États-Unis du Moyen-Orient et l'ouverture américaine sur l'Iran n'encouragent les ambitions régionales de son rival chiite.

«Que l'Arabie saoudite et ses autres partenaires du Golfe sachent que les discussions nucléaires peuvent résoudre une menace à la stabilité régionale», a lancé M. Rhodes.

Il a néanmoins assuré que l'administration Obama était toujours «préoccupée» par la politique régionale de Téhéran, évoquant notamment son «soutien à Assad, au Hezbollah (chiite libanais) et ses actions de déstabilisation au Yémen et dans le Golfe».

Selon Anwar Eshqi, chef du Centre du Moyen-Orient pour les Études stratégiques, basé à Jeddah, les récentes divergences «ont tendu les relations (saoudo-américaines), mais sans conduire pour autant à une rupture» entre Riyad et Washington.

«Quels que soient nos différends, cela ne change rien au fait qu'il s'agit d'une relation très importante et étroite», avait d'ailleurs souligné récemment le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

Riyad, mettant à profit ses premières réserves mondiales de brut, s'ouvre néanmoins de plus en plus sur l'Asie, dont la Chine, dans une apparente tentative de rééquilibrer ses relations internationales, marquées jusqu'ici par l'alliance conclue en 1945 avec Washington, qui assure la sécurité du royaume en échange de contrats pétroliers.

Les entretiens de M. Obama devraient aussi porter sur le processus de paix israélo-palestinien, relancé sous les auspices des États-Unis, mais qui piétine.

Également au menu des discussions: l'Égypte, autre pomme de discorde entre les deux pays depuis la destitution par l'armée en juillet du président islamiste Mohamed Morsi.

La visite de M. Obama intervient au moment où le roi Abdallah, âgé de 90 ans, a désigné son demi-frère Moqren, 69 ans, comme prochain prince héritier, ouvrant la voie à son accession au trône.

Amnistie internationale a exhorté M. Obama à faire pression pour que Riyad mette fin «à la répression de la liberté d'expression (...), à la discrimination contre les femmes et les minorités, et à toutes les formes de torture» dans ce royaume ultraconservateur.




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