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Des armes chimiques utilisées à cinq reprises en Syrie

Des volontaires participent à une simulation d'attaque chimique... (PHOTO JIM LOPEZ, ARCHIVES AFP)

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Des volontaires participent à une simulation d'attaque chimique à Alep, dans le nord de la Syrie, le 15 septembre.

PHOTO JIM LOPEZ, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
Beyrouth, Liban

Des armes chimiques ont été utilisées selon l'ONU à cinq reprises en Syrie, où les États-Unis s'inquiétaient des récents revers subis par les combattants rebelles face aux jihadistes.

Alors que les combats se poursuivent sans répit, une vague de froid aggrave la situation des populations assiégées, déplacées et des quelque trois millions de Syriens réfugiés dans les pays voisins, dans des conditions souvent précaires.

Dans les quartiers rebelles de Hara (sud), assiégés par l'armée qui empêche l'arrivée de fioul et de nourriture, «la tempête a rendu les choses encore plus difficiles», déplore un militant, Abou Anas, interrogé par l'AFP via internet. «Le pire étant pour les enfants et les personnes âgées qui supportent moins bien le froid».

La neige a aussi empêché l'ouverture d'un pont aérien annoncé par l'ONU pour envoyer 40 tonnes d'aide aux régions kurdes de Syrie à partir du Kurdistan irakien.

Dans leur rapport final transmis jeudi au secrétaire général des Nations unies, les inspecteurs ayant enquêté en Syrie citent des «preuves» ou des «informations crédibles» sur des recours à des armes chimiques dans la Ghouta, à Jobar et Achrafié Sahnaya (près de Damas), ainsi qu'à Khan al-Assal (près d'Alep, nord) et à Saraqeb (nord-ouest).

Il ne revenait cependant pas aux inspecteurs de déterminer les responsables de ces attaques.

La mission «a recueilli des preuves flagrantes et convaincantes de l'utilisation d'armes chimiques contre des civils, dont des enfants, à une échelle relativement large à la Ghouta, dans la région de Damas, le 21 août», explique le rapport, confirmant les premières conclusions des inspecteurs en septembre.

Après cette attaque ayant fait selon eux près de 1500 morts, les États-Unis ont menacé le régime de frappes punitives, avant d'y renoncer à la suite d'un accord sur la destruction de l'arsenal chimique syrien, au grand dam des rebelles qui espéraient un changement dans l'équilibre des forces.

Depuis, les rebelles ont subi revers après revers et les forces fidèles à Bachar al-Assad ont repris un grand nombre de leurs bastions, tandis que des groupes jihadistes, tout en combattant le régime, se sont engagés dans des luttes contre les autres rebelles.

Dernier exemple en date: des combattants islamistes se sont emparés en début de semaine d'un passage clé à la frontière turque, ainsi que des positions de l'ASL et de ses dépôts d'armes.

«Baisser la tête de honte»

Ces revers des combattants de «l'opposition modérée» posent un «gros problème», a convenu le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel. Londres et Washington vont en conséquence suspendre leurs livraisons d'aide non létale dans le nord de la Syrie le temps d'évaluer qui contrôle les dépôts d'armes.

Dans ce contexte, un ancien directeur de la CIA, Michael Hayden, a estimé qu'une victoire de M. Assad en Syrie pourrait être «le meilleur de trois très, très horribles scénarios», dont aucun ne prévoit la victoire de la rébellion.

L'issue actuellement la plus probable reste la «dissolution» du pays entre factions rivales, a-t-il ajouté.

Les jihadistes de l'État islamique en Irak et au levant (EIIL) ont ainsi kidnappé vendredi 120 Kurdes syriens, dont six femmes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

L'EIIL retient déjà des dizaines de Kurdes en otage, ainsi qu'une vingtaine de journalistes étrangers.

Sur le terrain, l'armée syrienne a lancé une offensive pour chasser les rebelles de la ville d'Adra, située sur une des routes principales menant à Damas et théâtre de combats depuis trois jours, selon Sana.

Aucune issue ne semble en vue pour ce conflit qui a fait depuis mars 2011 plus de 126 000 morts selon une ONG syrienne, ainsi que des millions de déplacés et réfugiés dont le sort inquiète de plus en plus les ONG.

Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui prévoit de nourrir en décembre quatre millions de personnes en Syrie, a souligné que «les besoins humanitaires et l'insécurité alimentaire ne (cessaient) de croître».

Amnesty International a pour sa part accusé les pays européens d'ériger une «forteresse» pour se protéger des réfugiés syriens, qu'ils ne sont prêts à accueillir qu'en «nombre pitoyablement bas». «Les dirigeants européens devraient baisser la tête de honte», a martelé l'organisation.




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