Les combats ont repris samedi dans la ville chrétienne de Maaloula et ses alentours, au nord de Damas, théâtre depuis mercredi d'affrontements entre rebelles et fidèles du régime, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Des accrochages se sont produits à l'intérieur de la ville, dans sa partie occidentale, entre des hommes des Comités populaires (supplétifs de l'armée) et des rebelles», a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Auparavant, l'OSDH avait évoqué dans un communiqué «de violents accrochages» opposant l'armée et ses supplétifs aux combattants rebelles près de l'une des entrées de la cité antique de Maaloula.

Selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins à travers le pays, l'armée a également mené des attaques aériennes sur les banlieues de la ville.

Les combats ont été déclenchés par une attaque de l'armée contre des rebelles postés dans un hôtel situé sur une colline environnante, a précisé l'OSDH.

La télévision d'État syrienne, citant une source militaire, a indiqué que l'armée avait visé l'hôtel et des positions environnantes où s'étaient retranchés des «terroristes», tuant plusieurs d'entre eux et détruisant des missiles et des mortiers qui étaient en leur possession.

Les rebelles avaient pris le contrôle d'une entrée de Maaloula après une attaque suicide mercredi, mais selon la Coalition nationale de l'opposition syrienne ils s'en sont retirés dans la nuit de jeudi à vendredi. Depuis, l'armée a renforcé sa présence dans cette position évacuée, a précisé l'OSDH.

La Coalition de l'opposition avait assuré à l'occasion qu'elle tenait à préserver l'héritage religieux et archéologique de cette ville située à 55 km au nord de Damas.

Maaloula est l'une des plus célèbres localités chrétiennes de Syrie et ses habitants parlent l'araméen, la langue de Jésus-Christ. La ville doit sa renommée à ses refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme. La majorité de ses habitants chrétiens sont grecs catholiques.

Les combats interviennent quelques jours avant la fête de l'Exaltation de la Croix le 14 septembre. Le village abrite aussi le monastère grec orthodoxe de Mar Takla, construit autour de la grotte et du tombeau de Sainte-Thècle fêtée le 24 septembre.

Au sud de Damas, 14 combattants rebelles et deux civils (un adulte et un enfant) ont été tués dans des bombardements de l'armée samedi sur Kiswa et Maqbaliya, deux villages tenus par les rebelles, selon l'OSDH.

Toujours dans la région de la capitale, l'OSDH a également fait état de bombardements sur les localités de Zamalka, Daraya et Mouadamiyat el-Chem.

Dans le reste du pays, l'aviation du régime a lancé des raids sur des positions rebelles dans les régions de Deraa (sud), Raqqa (nord) et Idleb (nord-ouest), selon la même source.