Le chef d'état-major de l'armée américaine a énuméré dans une lettre adressée au Congrès les différentes options pour une intervention militaire en Syrie, soulignant que la décision éventuelle d'engager des troupes restait un choix politique.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans ce courrier rendu public lundi, le général Martin Dempsey présente au président de la Commission des forces armées du Sénat Carl Levin cinq scénarios différents --allant de la fourniture de renseignement et de la formation au maniement des armes jusqu'au déploiement de soldats pour «prendre d'assaut et sécuriser» les sites où se trouvent les armes chimiques du régime de Bachar al-Assad.

La décision d'envoyer éventuellement des soldats américains en Syrie «est une décision politique, que notre nation a confiée à ses dirigeants civils», écrit-il toutefois.

Dans son courrier, le général Dempsey met en garde contre les conséquences d'un engagement dans le conflit: «Une fois que nous avons agi, nous devons être prêts pour la suite. Un engagement plus important est difficile à éviter».

Washington se contente depuis le début du conflit d'apporter un soutien non-létal aux rebelles syriens et de fournir de l'aide humanitaire. L'administration Obama a toutefois promis un accroissement de son aide militaire aux rebelles en juin, après avoir accusé le régime Assad d'avoir utilisé des armes chimiques.

Parmi les scénarios qu'il envisage, le général Dempsey évoque celui de frappes aériennes visant les défenses anti-aériennes du régime, ainsi que ses forces navales, aériennes et ses missiles.

Une telle option, qui nécessiterait des centaines d'avions et de navires, pourrait coûter «en fonction de sa durée, des milliards» de dollars, souligne-t-il.

Une autre option consiste en la mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne pour empêcher le régime de bombarder des zones rebelles.

Un engagement plus conséquent encore pourrait prendre la forme de la mise en place de zones tampons pour protéger des zones comme les frontières avec la Turquie ou la Jordanie. Un tel choix impliquerait l'emploi de la force pour défendre ces zones et coûterait plus d'un milliard de dollars par mois, souligne Martin Dempsey.

Enfin, le général évoque la possibilité de déployer «des milliers de membres des forces spéciales et d'autres forces terrestres (...) pour prendre d'assaut et sécuriser les sites capitaux» où se trouvent les armes chimiques du pays.