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L'ONU dénonce l'usage d'«agents chimiques» en Syrie

Le président de la Commission de l'ONU sur... (PHOTO FABRICE COFFRINI, AFP)

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Le président de la Commission de l'ONU sur la Syrie, le Brésilien Paulo Pinheiro.

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Agence France-Presse
Genève

L'usage d'agents chimiques dans au moins quatre occasions en Syrie en mars et avril est dénoncé mardi par la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, dans son dernier rapport devant le Conseil des droits de l'homme.

La Commission d'enquête estime qu'«il y a des motifs raisonnables de penser que des quantités limitées de produits chimiques ont été utilisées». Les enquêteurs font état de 4 événements (à Khan Al-Assal près d'Alep le 19 mars; à Uteibah près de Damas le 19mars ; dans le quartier de Cheikh Maqsoud à Alep le 13 avril; et dans la ville de Saraqeb le 29 avril) lors desquels ces agents auraient été utilisés, mais leurs enquêtes n'ont pour l'instant «pas permis d'identifier la nature de ces agents chimiques, les systèmes d'armes employées ni qui les a utilisés».

«Nous avons des interviews de victimes, de réfugiés (...) et de personnel médical», a expliqué le président de la Commission, le Brésilien Paulo Pinheiro.

Mais pour la célèbre magistrate suisse Carla del Ponte, membre de la Commission d'enquête, «il ne faut pas faire de ces épisodes une histoire plus grande que ce qu'elle est» en comparaison avec le nombre global de victimes du conflit.

«D'autres incidents sont également sous enquête», écrivent les experts, dans leur rapport qui couvre la période allant du 15 janvier au 15 mai. La Commission demande que le gouvernement syrien autorise la commission d'enquête sur les armes chimiques mise en place par le Secrétaire général de l'ONU à se rendre sur place.

La Commission souligne que les «crimes de guerre et crimes contre l'humanité sont devenus une réalité quotidienne en Syrie», citant notamment l'usage d'armes chimiques, des massacres et l'usage de la torture.

Agissant sous mandat du Conseil des droits de l'homme, la Commission d'enquête n'a toujours pas reçu le feu vert de Damas pour se rendre en Syrie. Depuis le début de son mandat en septembre 2011, elle a réalisé 1630 interviews dans la région et à Genève et enquête sur 30 allégations de massacres, dont 17 auraient été commis depuis le 15 janvier.

«Je suis très surprise par la violence et la cruauté des actes criminels, surtout les actes de torture. Un autre élément qui m'a aussi perturbé, c'est l'utilisation des enfants dans les combats» et qui sont «tués, torturés», a raconté avec effroi Mme del Ponte.

Depuis le début du conflit, 86 enfants soldats auraient été tués durant les combats, dont la moitié depuis janvier.

«La brutalité du conflit en Syrie a atteint de nouveaux sommets», a souligné M. Pinheiro ajoutant que pour la première fois «le rapport fait état de l'imposition systématique de sièges, de l'utilisation d'agents chimiques et de déplacements forcés».

«Des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité (...) ainsi que des violations flagrantes des droits de l'homme se poursuivent sans relâche», a-t-il déploré, condamnant l'absence totale de justice.

La Commission d'enquête, qui a élaboré une liste confidentielle de noms impliqués dans des violations des droits de l'homme en Syrie, a demandé à maintes reprises, et en vain, au Conseil de sécurité de saisir la Cour pénale internationale (CPI).

Les enquêteurs ont aussi dénoncé l'envoi d'armes en Syrie, notant qu'elles pouvaient servir à commettre des crimes contre l'humanité. «Il pourrait y avoir une co-responsabilité criminelle», a averti Mme del Ponte.

Les enquêteurs accusent l'armée, aidée de milices et de combattants étrangers, dont le Hezbollah, de commettre des meurtres, actes de torture, viols, déplacements forcés et autres actes inhumains. «Nombre d'entre eux commis dans le cadre d'attaques généralisées et systématiques contre les civils», a affirmé M. Pinheiro.

Le rapport accuse aussi l'armée de bombarder en continu certaines régions, et de lancer des missiles sol-sol, ainsi que des bombes à sous-munitions et thermobariques. Il indique aussi que l'armée, soutenue par les Comités populaires, prive les villes de nourriture et de médicaments afin d'empêcher l'expansion des groupes armés et d'obliger les populations à se déplacer.

La Commission accuse aussi les groupes armés de l'opposition d'avoir commis des crimes de guerre, dont des exécutions extrajudiciaires ou des actes de torture, et de mettre en danger la vie de la population en disposant des objectifs militaires près de zones civiles, mais elle note une fois de plus que ces exactions n'ont pas atteint l'intensité et l'ampleur de celles commises par les forces gouvernementales et les milices qui leurs sont affiliées.




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