Les États-Unis continuent de vérifier l'exactitude de l'inventaire des armes chimiques transmis par la Syrie à la communauté internationale ainsi que son programme de destruction de cet arsenal, a expliqué mardi l'ambassadrice américaine à l'ONU.

Mis à jour le 5 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Celle-ci a aussi fait part de son «scepticisme» quant aux déclarations de Damas.

«Il reste encore du travail pour s'assurer que la liste des sites officiels transmise par le gouvernement syrien est exhaustive et que le processus est en bonne voie, en particulier la phase de destruction, qui semble très compliquée», a déclaré Samantha Power après une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux armes chimiques syriennes.

La Syrie a transmis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) un document de 700 pages dans lequel le gouvernement de Bachar al-Assad s'engage à la destruction intégrale du stock de 1000 tonnes d'agents chimiques et de 290 tonnes d'armes chimiques du pays.

Les experts américains continuent d'étudier ce document «extrêmement technique», a ajouté la diplomate.

«Vous entendrez certainement parler de nous si nous décelons une non-conformité ou des divergences importantes», a-t-elle ajouté.

Fin octobre, toutes les armes chimiques syriennes ont été placées sous scellés et les sites de production ont été déclarés inutilisables par l'OIAC.

Les États-Unis ont applaudi la mise sous scellés, estimant que l'arsenal chimique serait détruit dans les délais prévus, d'ici à la fin juin 2014.

Mais «après des années de rapport avec ce régime, des années de mensonges dans d'autres contextes et bien entendu beaucoup de promesses non tenues lors de cette guerre, les États-Unis restent naturellement sceptiques», a-t-elle nuancé.

L'ambassadrice américaine a répété que Bachar al-Assad n'était pas légitime pour diriger la Syrie malgré sa promesse de détruire toutes les armes chimiques.

«Un homme qui gaze son peuple et utilise des Scuds et toutes formes de terreur contre son peuple n'est pas à sa place pour s'occuper de son peuple. Cet accord retire à Assad et à ses forces une arme qu'ils ont utilisée pour prendre l'avantage militaire. Ce n'est pas quelque chose qu'il voulait ni qui sert ses intérêts», a-t-elle souligné.

Sous couvert de l'anonymat, de hauts responsables américains interrogés par l'AFP ont abondé dans le même sens.

«Il existe des signes qui tendent à montrer que certains éléments au sein du régime syrien veulent préserver l'arsenal d'armes chimiques», a ainsi expliqué l'un d'eux.

Cependant, a-t-il nuancé, l'administration américaine fait entière confiance aux inspecteurs de l'OIAC et si la Syrie venait à ne pas respecter ses engagements, «les canaux diplomatiques» seraient activés.

Un responsable d'un pays occidental a quant à lui estimé que des «doutes» existaient quant au fait de savoir si Damas avait bien déclaré la totalité de ses armes chimiques. «Mais nous allons laisser l'OIAC faire son travail», a-t-il dit.

Au terme de la réunion de mardi, Sigrid Kaag, chef de la mission conjointe OIAC et ONU, n'a pas souhaité commenter la possibilité que la Syrie ait pu cacher des armes chimiques.

«Cette mission fonctionne dans le cadre du mandat qui lui a été fourni et travaille sur la base de la déclaration syrienne transmise à l'OIAC», a-t-elle déclaré.