Les États-Unis sont convaincus que «le vent a désormais tourné» contre le régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, confronté à un isolement croissant et à un assèchement de ses ressources financières, a déclaré lundi à Tunis un haut responsable américain.

AGENCE FRANCE-PRESSE

M. William Burns, secrétaire d'État adjoint chargé des affaires politiques, a souligné, au cours d'un point de presse, que les États-Unis sont déterminés, avec leurs alliés, à «maintenir la pression» contre le régime libyen car «seul un départ de M. Kadhafi peut assurer un avenir stable à la Libye».

M. Burns a indiqué avoir discuté avec ses interlocuteurs tunisiens, dont le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi de la situation en Libye et du fardeau qu'elle impose à la Tunisie voisine en termes d'afflux de réfugiés et de coûts.

«J'ai insisté sur notre conviction que le vent a tourné contre le régime de M. Kadhafi», a ajouté M. Burns.

À l'appui de cette conviction, il a cité «l'organisation et la force politique croissantes du Conseil national de transition», l'organe de la rébellion libyenne, «le consensus de plus en plus partagé à travers le monde que M. Kadhafi doit partir» et «l'isolement croissant» de ce dernier.

Il a également évoqué «la poursuite des défections de haut niveau» et le «fait que les ressources financières de son régime s'assèchent».

M. Burns a d'autre part souligné l'engagement des États-Unis en faveur de la révolution tunisienne. «Personne n'oubliera que le nouveau printemps arabe a commencé ici», a-t-il assuré en soulignant que le succès de la révolution tunisienne aurait un caractère d'exemplarité.

Le responsable américain a indiqué que «les États-Unis avaient fourni à la Tunisie une aide de quelque 30 millions de dollars (21 millions d'euros) depuis la révolution, soit 15 fois plus qu'avant».

Interrogé sur l'attitude des États-Unis en cas de victoire des islamistes aux élections prévues en octobre prochain, M. Burns s'est contenté de répondre que c'était aux Tunisiens de se déterminer. Mais il a ajouté que les États-Unis soutenaient un «processus démocratique dans lequel tous les participants acceptent une concurrence politique pacifique et l'égalité des droits».