Le comité des médiateurs de l'Union africaine (UA) sur le conflit en Libye, composé de cinq chefs d'État, se réunit dimanche en Afrique du Sud, juste avant un sommet de l'organisation panafricaine, où ce dossier sera au centre des discussions.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le président (sud-africain) Jacob Zuma accueillera demain (dimanche), le 26 juin, le comité de haut niveau de l'Union africaine sur la Libye à Pretoria», a indiqué samedi le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères Saul Molubi dans un communiqué.

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz dirige le groupe de chefs d'État qui comprend les dirigeants de quatre autres pays: Jacob Zuma (Afrique du Sud), Denis Sassou Nguesso (Congo), Amadou Toumani Touré (Mali) et Yoweri Museveni (Ouganda).

Lors de cette rencontre du «Comité de haut niveau de l'Union africaine (UA) sur la crise libyenne», ils doivent «discuter des derniers développements du conflit en Libye et des efforts menés» pour le résoudre, a indiqué l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle).

«Nous nous attendons à recevoir une offre très bientôt, il est incapable de respirer» désormais, a de son côté affirmé samedi Abdel Hafiz Ghoga, vice-président du Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion.

Il a précisé que le CNT n'était pas en contact direct avec Mouammar Kadhafi, mais qu'il avait compris, via des contacts avec la France et l'Afrique du Sud, qu'une offre était en train d'être élaborée.

«Des pays ont été choisis par le régime de Kadhafi pour présenter une proposition au Conseil national de transition, mais nous n'avons rien reçu pour le moment», a-t-il dit.

La réunion du comité des médiateurs intervient juste avant le 17e sommet de l'Union africaine qui se tiendra à Malabo, en Guinée-équatoriale du 30 juin au 1er juillet à l'heure où la crise libyenne divise de plus en plus les pays du continent.

L'UA a proposé une «feuille de route» pour mettre fin au conflit, acceptée par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi mais rejetée par le les insurgés, combattant depuis février le régime de M. Kadhafi, dont les forces sont visées depuis mars par les frappes d'une coalition internationale.

Cette feuille de route prévoit un cessez-le-feu et l'instauration d'une période de transition conduisant à des élections démocratiques.

Dans un entretien avec l'AFP le 6 juin à Nouakchott, le président mauritanien avait estimé que M. Kadhafi ne pouvait «plus diriger la Libye».

Son voisin sénégalais, Abdoulaye Wade, est pour sa part en pointe sur le continent concernant la reconnaissance du CNT.

Le président Wade a même été le premier chef d'État étranger à se rendre, le 9 juin, à Benghazi, le fief des insurgés.

Le 13 juin, depuis le siège de l'UA à Addis Abeba, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait de son côté appelé l'Afrique à faire pression pour que le colonel Kadhafi décrète un cessez-le-feu unilatéral en Libye et quitte le pouvoir.

Mais le 22 juin, le Mali et l'Afrique du Sud avaient de nouveau réclamé «l'arrêt immédiat des hostilités» en Libye.