Le président Barack Obama a justifié l'implication américaine en Libye mardi tout en promettant que les États-Unis s'effaceraient rapidement au profit d'un commandement international, dont la structure sera selon lui clarifiée dans les prochains jours.

Mis à jour le 22 mars 2011
Tangi Quemener AGENCE FRANCE-PRESSE

Le dossier libyen, qui a intensément mobilisé M. Obama depuis le début de sa tournée de cinq jours en Amérique latine, s'est une nouvelle fois invité mardi lors de la conférence de presse qu'il a donnée à San Salvador avec son homologue Mauricio Funes.

M. Obama, qui devait quitter le Salvador en début d'après-midi mercredi pour Washington, partira deux heures plus tôt, car il doit participer en début de matinée à une téléconférence depuis San Salvador avec son équipe de sécurité nationale.

Ces consultations sont quotidiennes depuis le début de la tournée régionale, entamée samedi par le Brésil et poursuivie lundi par le Chili. De même, M. Obama s'est entretenu de la Libye depuis son avion Air Force One mardi matin avec le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron.

La téléconférence de mercredi matin pose, selon la Maison-Blanche, un problème de logistique: M. Obama, qui voyage en famille, n'aura pas le temps de se rendre sur un site maya comme initialement prévu.

En revanche, la visite de la tombe du martyr de la guerre civile salvadorienne Oscar Romero est maintenue et aura lieu en fin d'après-midi mardi en compagnie du président Funes, selon la Maison-Blanche.

«Il y a peu de meilleurs exemples des opportunités mais aussi des difficultés» auxquels font face les pays d'Amérique latine que le Salvador, a estimé M. Obama, en annonçant de nouveaux partenariats régionaux pour stimuler la croissance de l'Amérique centrale et lutter contre le trafic de drogue.

L'immigration - deux millions de Salvadoriens vivent aux États-Unis - est aussi venue sur la table, M. Obama s'engageant, comme la veille à Santiago du Chili, à une «réforme complète du système d'immigration» aux Etats-Unis. Mais il s'est jusqu'ici heurté à l'hostilité des républicains, à même de bloquer ces lois au Congrès.

«Ce ne sera pas facile. C'est une question politique difficile. Mais j'ai confiance dans le fait que nous parviendrons à le faire, en fin de compte», a-t-il assuré.

Le président américain a également annoncé l'apport de 200 millions de dollars pour améliorer la sécurité en Amérique centrale, minée par des gangs nés dans les années 80 dans les quartiers «latinos» de Los Angeles.

Ces annonces sont toutefois quelque peu passées au second plan, le président étant surtout interrogé sur la Libye lors de sa conférence de presse.

Estimant qu'il était dans «l'intérêt national» des États-Unis de s'impliquer au Moyen-Orient, et particulièrement en Libye, M. Obama a noté les risques de déstabilisation de la région tout entière en cas d'afflux de réfugiés dans les pays voisins si la répression de l'insurrection se poursuivait.

Le président américain a ajouté que les États-Unis allaient «sous peu» être en mesure de pouvoir déclarer que l'objectif de la zone d'exclusion aérienne a été atteint, et que l'armée américaine allait pouvoir se mettre en retrait.

«Je n'ai absolument aucun doute que nous allons être capables de transférer le contrôle» de l'opération à une coalition internationale en Libye, a-t-il poursuivi, disant penser «qu'au cours des prochains jours, la situation va se décanter et tous ceux qui participent à ce processus vont tomber d'accord».

D'ores et déjà, les États-Unis ont réduit de façon «significative» le nombre de survols de la Libye par leurs avions, a révélé M. Obama.