Les propriétaires de la mine chilienne de San José, où 33 mineurs sont bloqués depuis un éboulement il y a 26 jours, ont demandé «pardon» mardi au Parlement, tandis que des experts de la NASA arrivaient à la mine pour aider à surmonter le défi médical des hommes confinés sous terre.

Moises Avila Roldan AGENCE FRANCE-PRESSE

Alejandro Bohn et Marcel Kemeny, dirigeants du groupe propriétaire de la mine San Jose, ont été entendus mardi par une commission minière du Parlement de Valparaiso, au sujet de l'accident du 5 août et de la sécurité générale de la mine, déjà fermée en 2007 après un accident.

«La douleur causée par cette situation, non voulue et non prévue par nous, justifie que nous demandions pardon, pour l'angoisse qui a été éprouvée ces jours-ci», a déclaré M. Bohn, lors de débats retransmis à la télévision.

«Cette situation est terrible et nous espérons qu'elle trouve très rapidement une issue heureuse», a-t-il poursuivi, assurant que l'entreprise mobiliserait ses ressources «pour assister les travailleurs et créanciers».

Les deux dirigeants, contre lesquels la famille d'un des 33 mineurs a porté plainte pour manquement à leurs devoirs, avaient demandé une audition à huis clos, refusée par la Commission.

Leurs excuses, les premières formulées aussi clairement et publiquement, surviennent alors que l'«Opération San Lorenzo», nom de code donné aux opérations de secours en référence au saint patron des mineurs, est entrée dans sa phase cruciale avec le forage d'un puits de secours de 702 m.

Dans la nuit de lundi, un puissant excavateur avec une capacité de progression de 15 m par jour, a commencé à s'attaquer au sol rocheux pour secourir les hommes piégés au fond de la mine, a 800 km de Santiago.

La «Strata 950», foreuse de 30 tonnes de conception australienne, percera d'abord un puits vertical de 702 m de profondeur et 33 cm de diamètre, puis l'élargira dans un deuxième temps à 66 cm de diamètre.

C'est par ce conduit que seront extraits les mineurs un à un, un lent processus qui prendra trois à quatre jours.

L'opération de secours dans son ensemble prendra au total trois à quatre mois, un délai dont les 33 sont conscients selon les autorités.

«Malheureusement nos mineurs ne fêteront pas avec nous le Bicentenaire (de l'indépendance du Chili, 18 septembre), mais nous ferons tout ce qui est humainement possible pour qu'ils puissent fêter avec nous Noël et le Nouvel An, et nous sommes bien engagés», a déclaré mardi le président Sebastian Pinera, saluant le début du forage.

Face au défi médical et psychologique qui s'annonce pour aider les 33 hommes confinés à tenir, une équipe d'experts de la Nasa comprenant deux médecins, un psychologue et un ingénieur, a commencé à conseiller l'équipe de secours, à la demande du gouvernement chilien.

«C'est important de ne pas construire de faux espoirs et d'être le plus honnête possible avec nos patients, dans ce cas, les mineurs», a déclaré mardi à Santiago le chef de mission Michael Duncan, médecin à la direction des Sciences de la vie dans l'espace de la Nasa à Houston.

Il est essentiel de ne pas fixer de date de sortie, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, à l'image des longs programmes d'entraînement des astronautes, où aucune date précise de retour sur la Terre n'est avancée en raison des problèmes techniques pouvant la retarder.

L'équipe d'experts, qui devait voyager mercredi à San Jose, comprend «un psychologue «porté sur les thèmes d'isolement extrême», un médecin spécialiste des maladies respiratoires et un ingénieur qui aidera sur les questions de lumière et de communication, a précisé le ministre de la Santé Jaime Manalich.