Si la journée du 2 novembre 2010 a été l'une des plus sombres de la présidence de Barack Obama, celle d'aujourd'hui devrait en revanche être l'une des plus satisfaisantes.

Publié le 22 déc. 2010
Richard Hétu, collaboration spéciale LA PRESSE

Sept semaines seulement après un verdict électoral qu'il a lui-même qualifié de «raclée», le chef de la Maison-Blanche devrait être en mesure de revendiquer une autre victoire législative importante le jour même de la promulgation, à l'occasion d'une cérémonie, de la loi abolissant le tabou sur l'homosexualité dans l'armée américaine.

À moins d'un imprévu, le Sénat américain procédera à la ratification du traité de désarmement nucléaire START, une des priorités du président démocrate en matière de politique étrangère. La Chambre haute a adopté hier, par 67 voix contre 28, une motion visant à mettre un terme au débat sur cet accord signé en avril par Barack Obama et son homologue russe, Dmitri Medvedev.

La ratification d'un traité nécessite 67 voix, soit les deux tiers du Sénat, un total que la majorité démocrate devrait atteindre ou dépasser aujourd'hui grâce à l'appui d'au moins 11 sénateurs républicains.

«Nous sommes sur le point d'écrire le prochain chapitre dans l'histoire de la lutte contre la menace des armes nucléaires», a déclaré le sénateur démocrate John Kerry après le vote d'hier.

Samedi, le Sénat avait déjà fait le bonheur du président en abrogeant la loi qui imposait depuis 1993 aux militaires homosexuels de taire leur orientation sexuelle sous peine d'être renvoyés. Pas moins de huit républicains avaient voté avec la majorité démocrate en faveur du texte au bas duquel Barack Obama apposera aujourd'hui sa signature.

Intense lobbyisme

La ratification du traité START interviendra après plusieurs semaines d'un intense lobbyisme de la Maison-Blanche auprès des sénateurs républicains modérés. L'accord prévoit un maximum de 1550 têtes nucléaires déployées pour chacun des deux pays signataires, une réduction de 30% par rapport au quota établi en 2002. Il prévoit en outre un mécanisme de vérification et d'inspection garantissant que les deux camps respectent le traité.

En appuyant l'accord, plusieurs sénateurs républicains défieront les deux plus hauts dirigeants de leur parti au Sénat, Mitch McConnell et Jon Kyl, qui s'y opposent. Le numéro 3 des républicains au Sénat, Lamar Alexander, a annoncé son appui au traité hier matin.

«Je voterai en faveur de la ratification du nouveau traité START entre les États-Unis et la Russie parce qu'il laisse à notre pays suffisamment de têtes nucléaires pour atomiser tout agresseur et parce que le président s'est engagé en faveur d'un plan de 85 milliards de dollars en 10 ans, visant à faire en sorte que ces armes fonctionnent bien», a-t-il déclaré au Sénat.

Selon plusieurs experts, le nouveau traité START ne représente qu'un suivi relativement modeste des accords de désarmement conclus depuis la Seconde Guerre mondiale. Tout le monde s'accorde cependant à dire que le prestige de Barack Obama et les relations russo-américaines auraient pâti d'un échec de la Maison-Blanche à obtenir sa ratification.

photo Jim Young, archives reuters

Barack Obama a au moins une autre raison de sourire: il a visité la semaine dernière une école primaire en Virginie.