«Mon nom est Susan Boyle, je vis seule avec mon chat et je n'ai jamais été embrassée.» Ce sont avec ces mots que la chanteuse de Blackburn s'est présentée à la télévision britannique le 11 avril dernier. Elle ne se doutait pas que sa vie allait basculer quelques minutes plus tard.

Mali Ilse Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

Son ami John Purdon n'y est pas allé de main morte pour décrire la «boylemanie» à La Presse cette semaine. «Ce qu'elle a accompli est incroyable, c'est plus gros que les Beatles! Personne n'avait encore fait ça.»

 

Rien ne prédestinait la cadette d'une famille de neuf enfants à cette célébrité. Ayant manqué d'oxygène à la naissance, Susan Boyle a souffert de difficultés d'apprentissage à l'école, ce qui lui a attiré des quolibets toute sa vie.

Toutefois, son talent pour le chant était reconnu à Blackburn, son village natal. «La première fois que je l'ai entendue chanter, je me suis dit, ça, c'est une voix professionnelle», explique le prêtre du village, Ryszard Holuka.

Susan Boyle a bien eu des leçons de chant et d'art dramatique. Toutefois, son seul titre de gloire avant son passage à Britain's Got Talent était un album démo reproduit à 1000 exemplaires pour une oeuvre de charité en 1999.

Son succès phénoménal sur YouTube et ses apparitions à Larry King Live et à Oprah lui ont-ils monté à la tête?

À cette question, ses amis répondent: «Elle est juste Susan.» «À notre église, elle s'assoit toujours complètement en arrière», dit le père Holuka.

Selon Jackie Russell, la gérante du pub de Blackburn, Susan Boyle s'est lancée dans cette aventure pour sa mère, à qui elle était dévouée. La mort de la dame de 91 ans, en 2007, l'avait rendue plus recluse pendant un certain temps.

«Sa mère lui disait toujours: «Prouve au monde entier que tu peux chanter.» C'est exactement ce qu'elle fait», affirme son amie Jackie Russell.