(Matanzas) Les pompiers cubains toujours en lutte contre l’incendie d’un dépôt pétrolier qui a consumé quatre des huit réservoirs, s’attachaient mardi à éviter que le feu ne se propage encore et se préparaient à répandre de la mousse extinctrice en énorme quantité.  

Mis à jour le 9 août
Agence France-Presse

Dès l’aube, quatre hélicoptères effectuaient des rotations pour larguer de l’eau au milieu du pétrole en feu pour ouvrir un chemin d’accès aux pompiers au sol, a constaté un journaliste de l’AFP.  

« Les équipes de pompiers continuent de se frayer un chemin devant les flammes afin que les brigades chargées de répandre la mousse puissent avancer », a expliqué le gouverneur de Matanzas, Mario Sabines, sur son compte Twitter.  

L’épaisse fumée noire dégagée limite la visibilité des pilotes qui sont secondés par des drones, a-t-il précisé.  

« Environ 40 camions transportant les matériaux secs sont prêts pour contenir les flammes », a ajouté le gouverneur.  

Quelque 17 avions au total, 13 en provenance du Mexique et quatre du Venezuela, transportant spécialistes de la lutte contre les incendies pétroliers et mousse extinctrice ont atterri à la station balnéaire de Varadero, à 40 kilomètres au nord-est de Matanzas. 

Mardi, un navire de soutien logistique de l’armée mexicaine est arrivé dans la baie de Matanzas. Mexico a envoyé près de 45 000 litres de mousse extinctrice, 171 rouleaux de tuyaux, 10 héliobus, des répulsifs, deux pompes de pulvérisation de mousse et 300 kilos de médicaments.

« Aide technique » de Washington

Washington, après avoir exprimé ses condoléances dès samedi, « a offert son aide technique, que nous avons également appréciée et acceptée. Les deux gouvernements sont régulièrement en contact. Pas besoin de spéculer », a tweeté le vice-ministre cubain des Affaires étrangères Carlos Fernández de Cossio, en allusion aux messages apparus sur les réseaux sociaux se plaignant que La Havane n’accepte pas l’aide américaine.

Lundi, les efforts étaient concentrés afin d’éviter « la propagation du feu » à un « terminal où se trouvent les réservoirs de produits clairs », essence et autres combustibles légers encore plus inflammables que le pétrole brut et le mazout qui se trouvaient dans les quatre réservoirs consumés, a indiqué lors d’une conférence de presse Alexander Avalos Jorge, chef adjoint des pompiers de Cuba.  

« Les quatre réservoirs » de 50 millions de litres chacun « ont été engloutis par les flammes », a-t-il dit, « cela a été une réaction en chaîne ».  

Selon un dernier bilan, un pompier est décédé et 14 autres sont portés disparus, 22 personnes sont encore hospitalisées, dont cinq dans un état critique. Sur les 125 personnes reçues dans des hôpitaux de Matanzas et de La Havane, 103 en sont sorties.

Le sinistre a débuté vendredi soir quand la foudre a frappé un réservoir du dépôt situé à Matanzas, à 100 km à l’est de La Havane, qui contenait 26 000 mètres cubes de pétrole brut, soit environ 50 % de sa capacité maximale.  

Des explosions et des flammes hautes de plusieurs dizaines de mètres ont ensuite propagé l’incendie aux trois autres réservoirs contenant jusqu’à 52 millions de litres de mazout ou du pétrole brut.