(La Havane) La justice cubaine a reconnu mardi pour la première fois que 710 participants aux manifestations historiques du 11 juillet 2021 sont poursuivis pour « des faits de vandalisme » et « des troubles graves de l’ordre public », et 172 autres déjà condamnés.

Publié le 25 janvier
Agence France-Presse

« Le parquet a reçu […] 117 dossiers préparatoires correspondant aux faits les plus graves, avec 790 personnes poursuivies pour des actes de vandalisme contre les autorités, les personnes et les biens, ainsi que des troubles graves de l’ordre public », selon un communiqué publié dans le journal officiel Granma, précisant que 21 % d’entre eux avaient des antécédents judiciaires.

Les charges ont été abandonnées pour une partie d’entre eux et 710 attendent désormais leur procès, dont 55 âgés de 16 à 18 ans, et se trouvent majoritairement (69 %) en « détention provisoire ».

PHOTO YAMIL LAGE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Aux cris de « Liberté » et « Nous avons faim », des milliers de Cubains avaient manifesté le 11 juillet 2021, du jamais-vu depuis la révolution menée par Fidel Castro en 1959. Les rassemblements ont fait un mort et des dizaines de blessés. Sur les 1377 personnes arrêtées, 727 sont encore en prison, selon l’ONG Cubalex.

Par ailleurs, 84 procès ont déjà eu lieu, avec « 172 accusés condamnés », indique le parquet, sans donner le détail des peines.

À Cuba, la majorité légale est à 18 ans, mais la responsabilité pénale s’applique dès 16 ans.

Concernant « ceux de moins de 16 ans, qui ne sont pas soumis au droit pénal à Cuba », le parquet note la participation de 27 d’entre eux aux manifestations, dont « 10 ont été admis dans des écoles de formation intégrale et de bonne conduite » et 17 ont reçu « une attention personnalisée dans leur école ».

Aux cris de « Liberté » et « Nous avons faim », des milliers de Cubains avaient manifesté le 11 juillet 2021, du jamais-vu depuis la révolution menée par Fidel Castro en 1959. Les rassemblements ont fait un mort et des dizaines de blessés. Sur les 1377 personnes arrêtées, 727 sont encore en prison, selon l’ONG Cubalex.

Le gouvernement communiste affirme que ces manifestations ont été orchestrées depuis les États-Unis.

Au moins 39 participants sont jugés cette semaine et encourent jusqu’à 26 ans de prison, a indiqué lundi le groupe Justicia 11J, qui assure un suivi de toutes les affaires liées à ces mobilisations.

Sur Twitter, l’ambassade américaine à La Havane a critiqué mardi « les condamnations démesurées contre des jeunes pacifiques et innocents » et a assuré : « Nous écoutons tous les familles quand elles parlent de ces violations de la justice ». « Ils ne pourront pas écraser les demandes du peuple pour un avenir meilleur », a-t-elle ajouté.

De son côté, le paquet a dénoncé une campagne « tendancieuse » qui « veut accuser Cuba de violations des droits de l’homme, en essayant de discréditer les processus judiciaires » en cours, et affirmé que « la détermination d’accuser (certains manifestants) du délit de sédition, même si le droit prévoit des sanctions sévères, correspond au niveau de violence démontré » lors de ces manifestations.