(Port-au-Prince) Les défenseurs des droits de l’Homme ont dénoncé jeudi « l’impunité » dont bénéficie la police en Haïti, après la mort d’un homme jeté du toit d’un bus et frappé par des policiers, un « incident regrettable » selon le directeur de la police de cette île caribéenne.

Agence France-Presse

« Des pèlerins qui se rendaient à Saint-Raphaël (dans le nord d’Haïti NDLR), à bord de plusieurs bus, ont appelé pour dire qu’un jeune était monté sur l’un de ces bus », explique le directeur de la police nationale d’Haïti (PNH) Léon Charles, dans une vidéo diffusée jeudi.

« Une patrouille composée de plusieurs policiers de l’UDMO (Unité départementale de maintien de l’ordre) et de policiers administratifs a fait une intervention pour faire que cet individu descende du bus. Malheureusement, un incident regrettable a eu lieu et c’est cet incident que nous avons tous vu sur les réseaux sociaux », a-t-il indiqué.

Dans une vidéo qui circule sur l’internet, un policier haïtien est filmé jetant violemment, depuis le toit d’un bus, un homme qui est ensuite roué de coups au sol par plusieurs agents de la PNH.  

PHOTO RÉSEAUX SOCIAUX

Dans une vidéo qui circule sur l’internet, un policier haïtien est filmé jetant violemment, depuis le toit d’un bus, un homme qui est ensuite roué de coups au sol par plusieurs agents de la PNH. Péguy Siméon, 32 ans, est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital, dans les heures suivant ces faits qui se sont déroulés le 8 mai, dans la ville de Ouanaminthe, dans le nord d’Haïti.  

Péguy Siméon, 32 ans, est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital, dans les heures suivant ces faits qui se sont déroulés le 8 mai, dans la ville de Ouanaminthe, dans le nord d’Haïti.  

« Même en sachant qu’il y a le risque d’être enregistrés, les policiers sont impliqués dans ces cas graves de violation de droits humains », a réagi jeudi Marie-Rosy Auguste Ducéna, du réseau national de défense des droits humains. Péguy Siméon « ne représentait aucune menace pour les agents qui d’ailleurs étaient nombreux sur les lieux », ajoute la militante.

Présentant ses sympathies à la famille de la victime, Léon Charles a déploré des « comportements indignes » et indiqué que « quatre policiers ont été placés en isolement » et que « des mesures conservatoires ont été prises contre trois autres ».  

PHOTO RÉSEAUX SOCIAUX

Péguy Siméon, 32 ans, est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital, dans les heures suivant ces faits qui se sont déroulés le 8 mai, dans la ville de Ouanaminthe, dans le nord d’Haïti.  

Cette annonce de sanctions laisse néanmoins de marbre les organisations de la société civile haïtienne.  

« De manière générale […] les dossiers ne sont pas transférés à l’appareil judiciaire pour que ces agents puissent comparaître et répondre de leurs actes », explique Marie-Rosy Auguste Ducéna.  

« Les policiers savent que l’inspection générale ne fait pas son travail et qu’ils ont donc cette possibilité de passer par les couloirs de l’impunité et rester libres », déplore-t-elle.