(Nations unies) Les élections cette année en Haïti peuvent contribuer au retour de la démocratie dans ce pays, actuellement en crise politique, estime le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis cette semaine au Conseil de sécurité.

Agence France-Presse

« Cette année offre à Haïti l’opportunité de mettre fin à une période troublée de gouvernance par décret, de restaurer sa démocratie et de renforcer la stabilité à long terme », écrit le chef de l’ONU dans ce document obtenu jeudi par l’AFP.

« Le bon déroulement des différents processus électoraux prévus ces dix prochains mois ainsi que la perspective d’un transfert pacifique du pouvoir présidentiel à un successeur dûment élu contribueraient grandement à placer le peuple haïtien plus fermement sur la voie du développement, avec de meilleures perspectives économiques », ajoute-t-il à propos du pays le plus pauvre du continent américain.

Selon le calendrier électoral envisagé, un référendum constitutionnel est prévu le 25 avril, suivi d’élections présidentielle et législatives le 19 septembre avec un deuxième tour le 21 novembre couplé avec des élections locales et municipales, rappelle son rapport.

Alors que l’ONU s’est engagée à aider les autorités haïtiennes à organiser ces scrutins, Antonio Guterres fait toutefois part de sa préoccupation face au risque que des électeurs ne soient pas enregistrés à temps et que la violence ait un impact négatif.

« Au jour d’aujourd’hui, si le processus d’inscription n’est pas accéléré davantage, quelque 2,5 millions de citoyens risquent de ne pas figurer sur les listes de vote », met-il en garde. Haïti compte plus de 11 millions de ressortissants.

« La pression des gangs armés contrôlant des quartiers peuplés avec de grandes circonscriptions électorales […] ainsi qu’un manque persistant de sécurité pourraient miner la confiance dans le processus électoral et avoir un impact négatif sur la participation électorale », alerte aussi le chef de l’ONU.

« J’encourage les autorités nationales, les acteurs politiques et tous les Haïtiens à travailler ensemble de manière constructive pour assurer une tenue réussie des scrutins successifs », dit-il.

Alors que le président haïtien Jovenel Moïse considère avoir un mandat jusqu’au 7 février 2022, une partie de la population haïtienne juge qu’il n’est plus chef d’État depuis le 7 février dernier et demande son départ.

Ce désaccord de date tient au fait que M. Moïse avait été élu lors d’un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard.

Le dialogue est rompu entre les deux camps et le pays est secoué depuis plusieurs semaines par des tensions et des manifestations.