(Port-Au-Prince) La capitale haïtienne a été paralysée par des barricades en flammes et des pierres lancées par les manifestants, lundi, alors que le pays entamait sa quatrième semaine de manifestations antigouvernementales.

Associated Press

Des partisans de l’opposition se sont rassemblés à différents endroits de Port-au-Prince, notamment en face du palais national, pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse, alors que la fumée des gaz lacrymogènes remplissait l’air dans d’autres quartiers. Des dizaines de manifestants frappaient sur des panneaux en métal en scandant « Voleur ! Voleur ! »

Le mouvement de protestation a forcé la fermeture des écoles depuis plus d’un mois, en plus de nuire lourdement à l’économie d’Haïti. Les rues normalement encombrées de Port-au-Prince étaient pratiquement vides lundi.

L’insatisfaction de la population face au gouvernement est alimentée par la colère face à la corruption, à l’inflation galopante et aux difficultés d’obtenir des produits de première nécessité, notamment de la nourriture et de l’essence.

Au moins 17 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, et près de 200 autres ont été blessées.

La Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti s’est dite profondément préoccupée par ce qu’elle a qualifié de crise politique prolongée. Elle a appelé le gouvernement à assurer la poursuite des activités des écoles, des hôpitaux et des services d’urgence et à permettre à l’aide d’atteindre les personnes les plus vulnérables.