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Haïti accuse la mission de l'ONU d'ingérence politique

Sixième mission de maintien de la paix en... (PHOTO AFP)

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Sixième mission de maintien de la paix en Haïti au cours des 25 dernières années, la MINUJUSTH comptera 350 civils et un total de 1275 policiers.

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Agence France-Presse
Port-au-Prince

Le gouvernement haïtien accuse la mission de l'ONU pour l'appui à la justice (MINUJUSTH) d'ingérence politique, pour avoir salué l'avancée de la procédure dans un dossier de corruption dans lequel seraient impliqués plusieurs anciens ministres.

«Une organisation internationale ne peut pas penser venir en Haïti et faire des déclarations partisanes parce ce dossier est un dossier hautement, éminemment politique» a vertement dénoncé le premier ministre Jack-Guy Lafontant lors d'une conférence de presse jeudi.

«Haïti n'est ni une savane, ni un moulin mais un pays souverain» a répété à plusieurs reprises le chef du gouvernement.

La MINUJUSTH a mécontenté les autorités en saluant dimanche la nomination de juges chargés d'instruire des plaintes déposées depuis le début de l'année dans le cadre du dossier Petrocaribe.

Haïti bénéficie depuis douze ans du programme Petrocaribe, initié par l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez, qui permet à plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes d'acquérir des produits pétroliers à un coût avantageux et de payer leurs factures sur 25 ans à un taux d'intérêt de 1%.

En 2016 puis en 2017, deux enquêtes du sénat haïtien sur le mauvais usage de près de 2 milliards de dollars de ce fond Petrocaribe avaient épinglé une douzaine d'anciens ministres, du parti actuellement au pouvoir, mais jamais les rapports n'avaient pas été suivi de poursuites judiciaires.

Le dépôt des plaintes permet la relance du dossier si sensible que la seule évocation du nom par un élu de l'opposition suffit à provoquer de vifs échanges au sein du sénat, dont la majorité est acquise au pouvoir.

«Je salue l'initiative et le rôle actif des citoyens haïtiens et de la société civile engagés dans la lutte contre la corruption et l'impunité», a relevé Susan Page, cheffe de la MINUJUSTH, qui est déployée depuis octobre 2017.

Par ailleurs, Mme Page a regretté qu'aucun juge n'ait encore été nommé pour «examiner les allégations de violations des droits humains commises par des unités de la police nationale haïtienne».

Elle a notamment évoqué le cas de huit civils tués en novembre dans le quartier défavorisé de Martissant, lors d'une opération de police.

Cette déclaration de la MINUJUSTH «outrepasse le cadre de son mandat (...) et traduit une attitude partisane nuisible à la stabilité politique et institutionnelle, si chèrement acquise au cours de ces dernières années», a estimé le ministère haïtien des Affaires étrangères, via un communiqué publié mardi après-midi.

Le président a lui motivé le rappel de l'ambassadeur haïtien auprès de l'ONU par le besoin de faire respecter son pays.

«Je ferai tout ce qui est possible pour que l'image d'Haïti soit respectée à l'étranger» a déclaré le président haïtien Jovenel Moïse tôt mercredi matin, à la fermeture du sommet de la communauté de la Caraïbe (CARICOM), organisé lundi et mardi à Port-au-Prince.

«Il faut que les gens parlent en bien du pays» a ajouté le chef de l'État.




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