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Haïti dénonce «l'attitude partisane et nuisible» d'une mission de l'ONU

Les autorités haïtiennes ont rappelé mardi leur ambassadeur auprès de l'ONU... (PHOTO AFP)

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Agence France-Presse
Port-au-Prince

Les autorités haïtiennes ont rappelé mardi leur ambassadeur auprès de l'ONU pour des consultations, après la publication d'un communiqué de la Mission des Nations unies pour l'appui à la justice (MINUJUSTH) qu'elles ont considéré «partisan» et «nuisible».

La déclaration de la MINUJUSTH «outrepasse le cadre de son mandat (...) et traduit une attitude partisane nuisible à la stabilité politique et institutionnelle, si chèrement acquise au cours de ces dernières années», a estimé mardi le ministère haïtien des Affaires étrangères dans un communiqué.

La MINUJUSTH a salué dimanche la nomination de juges chargés d'instruire des plaintes déposées depuis le début de l'année dans le cadre du dossier Petrocaribe.

«Je salue l'initiative et le rôle actif des citoyens haïtiens et de la société civile engagés dans la lutte contre la corruption et l'impunité», a relevé Susan Page, cheffe de la MINUJUSTH, qui est déployée depuis octobre 2017.

Haïti bénéficie depuis douze ans du programme PetroCaribe, initié par l'ancien président vénézuélien Hugo Chavez, qui permet à plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes d'acquérir des produits pétroliers à un coût avantageux et de payer leurs factures sur 25 ans à un taux d'intérêt de 1%.

Depuis que le pays a intégré ce programme, cette source conséquente de devises a suscité des doutes sur son bon usage car, contrairement aux autres aides financières internationales, ces fonds sont dépensés à la discrétion des gouvernements sans même devoir rendre de comptes au bailleur vénézuélien.

Par ailleurs, Mme Page a regretté qu'aucun juge n'ait encore été nommé pour «examiner les allégations de violations des droits humains commises par des unités de la police nationale haïtienne».

Elle a notamment évoqué le cas de huit civils tués en novembre dans le quartier défavorisé de Martissant, lors d'une opération de police.

En plein sommet de la communauté de la Caraïbe (CARICOM) lundi et mardi à Port-au-Prince, le gouvernement a jugé que «cette déclaration vient polluer une atmosphère sereine, indispensable à l'investissement et au développement économique et social, conditions essentielles à la stabilité et la paix», a relevé le ministère des Affaires étrangères.




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