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L'Australie rouvrira un camp de rétention de migrants

Le Parti travailliste est monté au créneau pour... (Photo BEAWIHARTA, archives REUTERS)

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Le Parti travailliste est monté au créneau pour dénoncer « les tactiques alarmistes » du gouvernement, accusé de jouer à des fins électorales sur la peur des migrants.

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ANDREW BEATTY
Agence France-Presse
Sydney

Le premier ministre australien, Scott Morrison, a annoncé mercredi la réouverture du camp de rétention de migrants très controversé de l'île Christmas, durcissant encore sa politique migratoire après une défaite historique au Parlement.

Le chef du gouvernement a approuvé la remise en fonctionnement de ce camp, qui avait été fermé en octobre, en affirmant que de nouvelles législations votées par l'opposition entraîneront un afflux de clandestins en direction des côtes australiennes.

Mardi et mercredi, le gouvernement a subi un revers historique au Parlement quand l'opposition travailliste et des indépendants ont voté contre l'avis de la droite au pouvoir, des amendements controversés sur le traitement médical des demandeurs d'asile relégués par l'Australie dans des camps en haute mer en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou sur l'île équatoriale de Nauru.

Concrètement, ces textes peuvent permettre au millier de migrants encore détenus dans ces camps dénoncés par les organisations de défense des droits de la personne d'être envoyés pour traitement en Australie si deux médecins le demandent.

La politique de la droite australienne consiste depuis 2013 à empêcher à tout prix les demandeurs d'asile tentant d'arriver clandestinement en Australie de fouler le sol australien.

« Vous remercierez Bill Shorten »

Ce vote a constitué une défaite historique, puisque c'est la première fois depuis 1929 qu'un gouvernement australien était défait à la chambre des représentants sur une loi considérée comme majeure.

M. Morrison, un conservateur qui s'est illustré après l'alternance de 2013 par la mise en oeuvre de la politique de tolérance zéro à l'égard des réfugiés de la mer, les boat people, a balayé le fait que les amendements ne concernent que les migrants encore détenus dans les camps au large et a accusé l'opposition de chercher à « affaiblir et à compromettre nos frontières ».

Son gouvernement, a-t-il dès lors riposté, adoptera à « 100 % » les recommandations faites par les services de sécurité pour renforcer les efforts visant à empêcher de nouvelles arrivées de clandestins.

Il s'est refusé à préciser lesdites recommandations, mis à part celle portant sur la réouverture du camp de l'île Christmas, un territoire australien de l'océan Indien situé à 1500 kilomètres des côtes nord-est de l'Australie continentale et à 350 kilomètres au sud de l'Indonésie.

« S'ils ne viennent pas, ce sera grâce aux décisions que nous prenons maintenant et aux actions que nous mettons en oeuvre », a affirmé M. Morrison, qui avait pris le pouvoir en août après un soulèvement interne du Parti libéral. « S'ils viennent, vous remercierez le Parti travailliste et [son leader] Bill Shorten. »

Cette décision-choc s'inscrit dans la campagne pour les élections prévues d'ici mai, au cours de laquelle l'immigration sera un sujet clé.

Les derniers gouvernements conservateurs ont été vivement critiqués pour leur politique très restrictive mise en oeuvre en 2013, consistant à repousser systématiquement les bateaux de réfugiés tentant de gagner illégalement les côtes.

Les migrants qui y parviennent ont longtemps été relégués pour des durées indéterminées dans des camps de rétention en haute mer, le temps que leur demande d'asile soit instruite.

« Pathétique, cruel et dangereux »

Même si la demande d'asile est fondée, ces clandestins ne sont pas autorisés à s'installer sur le sol australien. Ils ont le choix entre se rendre dans un pays tiers ou rentrer chez eux.

Canberra justifie sa politique par la nécessité de lutter contre les bandes de passeurs et de dissuader les migrants tentant la périlleuse traversée vers l'Australie.

Cette politique a effectivement été couronnée de succès, le nombre des arrivées s'étant réduit comme peau de chagrin, mais elle a divisé l'opinion australienne et terni la réputation internationale du pays. Nombre d'ONG ont étrillé une nation très riche tournant le dos à des populations vulnérables.

L'Australie essuie depuis des années un déluge de critiques pour les conditions de détention dans les camps, qui abritent de nombreux enfants, où suicides et actes d'automutilation ont été enregistrés.

Le camp de l'île Christmas, qui a aussi compté plus récemment des condamnés étrangers de droit commun dont les titres de séjour avaient été annulés, a d'ailleurs été le théâtre d'une violente émeute en novembre 2015 après le décès d'un demandeur d'asile.

« Permettre l'accès à un traitement médical adéquat pour les réfugiés et les demandeurs d'asile est un impératif humanitaire pour sauver des vies », a déclaré Louise Aubin, représentante à Canberra du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

Le Parti travailliste est monté au créneau pour dénoncer « les tactiques alarmistes » du gouvernement, accusé de jouer à des fins électorales sur la peur des migrants.

« La seule personne qui espère que des bateaux viennent est le premier ministre, Scott Morrison », a attaqué de son côté la sénatrice verte Sarah Hanson-Young, dénonçant un comportement « pathétique, cruel et dangereux ».

En dépit de la défaite au Parlement, M. Morrison a exclu de convoquer des élections anticipées, estimant que les Australiens auraient voix au chapitre lors des législatives.




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