Une chrétienne acquittée d'une accusation de blasphème après avoir passé huit ans dans le quartier des condamnés à mort au Pakistan a été transférée d'un lieu secret proche de la capitale à un autre à Karachi, mais ne peut toujours pas quitter le pays pour rejoindre ses filles au Canada, a déclaré un ami, samedi.

Mis à jour le 9 févr. 2019
KATHY GANNON ASSOCIATED PRESS

Aman Ullah, qui dit avoir parlé à Aasia Bibi par téléphone vendredi, a raconté que la femme âgée de 54 ans était détenue dans une pièce d'une résidence située dans la ville portuaire du sud du pays. Il a ajouté que Mme Bibi, qui menacée de mort par des islamistes radicaux, était frustrée et effrayée, ne sachant pas quand elle pourrait quitter le Pakistan.

« Elle n'a aucune indication quant au moment où elle partira. On ne lui a pas pourquoi elle ne pouvait pas partir », a-t-il dit.

M. Ullah a lui-même fui le Pakistan après avoir reçu vendredi des menaces proférées par des extrémistes mécontents de son aide à Mme Bibi. Il assure la liaison entre elle et des diplomates européens qui ont cherché à l'aider.

Le calvaire de la femme a commencé en 2009 lorsque deux ouvrières agricoles lui ont reproché de boire dans un puits réservé aux musulmans. Une querelle s'en est suivie et Mme Bibi a été accusée de blasphème. Les juges de la Cour suprême ont par la suite conclu qu'il y avait de nombreuses incohérences dans les témoignages contre Mme Bibi, qui a toujours maintenu son innocence.

M. Ullah craint que Mme Bibi ne puisse quitter le Pakistan qu'à moyen terme.

Mme Bibi serait enfermée dans une pièce d'une maison.

« La porte ne s'ouvre que pour l'heure des repas », a témoigné M. Ullah. La prisonnière est autorisée à passer des appels téléphoniques le matin et de nouveau la nuit. Elle en profite pour appeler ses filles.

Le mari de M. Bibi est avec elle, a ajouté M. Ullah.

« Elle vit avec sa famille et dispose des conditions de sécurité nécessaires », a déclaré le ministre de l'Information, Fawad Chaudhry, dans un courriel.

Il a dit que le gouvernement prenait « toutes les mesures possibles » pour la protéger, ainsi que sa famille, ajoutant qu'elle est « une citoyenne libre après sa libération de prison et qu'elle peut se déplacer n'importe où au Pakistan ou à l'étranger ».