Des milliers de Tibétains du monde entier votaient dimanche pour élire leur chef du gouvernement en exil chargé de continuer le combat pour réclamer davantage d'autonomie à la Chine.

Publié le 18 oct. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Lobsang Sangay, le chef du gouvernement tibétain en exil, qui mène la lutte politique depuis que le Dalaï-Lama a renoncé à tout rôle politique en 2011, part favori devant quatre autres candidats.

Parmi ces derniers, Lukar Jam Atsok pourrait faire des vagues, lui qui demande l'indépendance totale par rapport à la Chine alors que le chef du gouvernement sortant a une position plus modérée.

Environ 87 000 Tibétains exilés dans une dizaine de pays, de l'Australie aux États-Unis, sont appelés à voter à l'occasion de ce premier tour de scrutin pour leur premier ministre ainsi que pour les 44 membres de leur Parlement en exil.

Des moines, des nonnes et des familles patientaient devant le principal temple de Dharamsala, où siège le gouvernement tibétain en exil.

Zompa, une grand-mère de 85 ans, a expliqué qu'elle apporterait sa voix à Lobsang Sangay.

Mais Pho Nya, un étudiant, a dit que la jeune génération lui préférait Lukar Jam Atsok, qui avait fui le Tibet en 1997 après que la Chine l'eut libéré de prison, où il était détenu pour activisme politique. «C'est un lettré, quelqu'un qui a souffert aux mains des Chinois et qui a survécu», a-t-il déclaré.

Le dernier tour de scrutin aura lieu en mars.

Il s'agit seulement de la seconde élection depuis 2011.

Tant le Dalaï-Lama que M. Sangay plaident pour une plus grande autonomie de la région tibétaine au sein de la Chine, mais sont accusés par Pékin d'être des séparatistes militant pour une indépendance pure et simple.

La cause tibétaine, un temps très en vogue dans le monde entier en raison de la célébrité du Dalaï-Lama, prix Nobel de la paix, s'essouffle depuis quelques années, alors que de nombreux pays hésitent à se brouiller avec la Chine, devenue une puissance économique incontournable.