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Présidentielle indonésienne: la victoire de Widodo confirmée

La victoire de Jokowi, issu d'un milieu modeste... (PHOTO DARREN WHITESIDE, REUTERS)

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La victoire de Jokowi, issu d'un milieu modeste et sans aucun lien avec le régime autocratique du passé, marque l'avènement d'une nouvelle génération d'hommes politiques dans la première économie d'Asie du Sud-Est.

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Presi MANDARI
Agence France-Presse
JAKARTA

La Cour constitutionnelle d'Indonésie a confirmé jeudi la victoire à la présidentielle de juillet du gouverneur de Jakarta, Joko Widodo, rejetant un recours de son rival pour fraudes massives, ce qui met ainsi fin à des semaines d'incertitude politique.

À l'issue d'une audience de plus de six heures consacrée à la longue lecture de l'arrêt, le président Hamdan Zoelva a annoncé dans la soirée que l'institution «rejetait toute la procédure» dans laquelle Prabowo accusait le camp adverse de fraudes massives.

Après deux semaines d'audiences, la décision de la cour, qui ne peut faire l'objet d'aucun recours, confirme ainsi les résultats de l'élection remportée largement le 9 juillet par Joko Widodo, surnommé Jokowi. Il a recueilli 53,15 % des voix, contre 46,85 % pour Prabowo, consacrant pour la première fois la victoire d'un candidat qui n'est pas issu de l'élite politico-militaire, un ex-vendeur de meubles dont la carrière politique a connu une ascension fulgurante.

Plus tôt dans la journée, la police anti-émeute a dispersé à coups de canons à eau et de gaz lacrymogènes une manifestation de partisans de Prabowo dont certains avaient tenté de forcer le barrage de police et les fils de fer barbelés bloquant l'accès à la Cour constitutionnelle, dans le centre de Jakarta. La situation est rapidement revenue à la normale et le calme semblait régner après l'annonce de la décision.

Des milliers de policiers et militaires ont été mobilisés dans la capitale et ses environs, par crainte de violences à la suite d'un des scrutins les plus disputés en Indonésie.

Le soir du scrutin, l'ex-général s'était déclaré lui aussi vainqueur de l'élection peu après l'annonce des premières estimations, confirmées le 22 juillet par les résultats définitifs. Et depuis, il a mobilisé une armée d'avocats pour tenter d'obtenir gain de cause auprès de la juridiction suprême, dénonçant «la malhonnêteté et l'injustice» de ce scrutin.

Des analystes ont pourtant estimé que la présidentielle dans ce pays d'Asie du Sud-Est de 250 millions d'habitants avait été l'une des plus libres et des plus équitables de l'histoire en Indonésie, et avaient mis en exergue sa transparence exemplaire.

Mais Prabowo, un ex-militaire accusé de violations des droits de l'homme par les ONG et qui cherche depuis une décennie à accéder à la fonction suprême, refuse de concéder sa défaite. Il s'est montré très offensif devant les juges de la Cour suprême au début du mois, allant jusqu'à comparer la jeune démocratie indonésienne à la Corée du Nord.

Preuves «très faibles»

L'équipe de l'ex-général a affirmé dans les milliers de documents déposés devant la Cour que des fraudes ont été constatées dans des milliers de bureaux de vote de l'archipel, mais des analystes avaient indiqué dès le départ que la procédure avaient peu de chances d'aboutir.

Avant la décision de la Cour, Prabowo avait fait savoir qu'il n'entendait pas baisser les bras et allait poursuivre son combat sur le terrain politique après avoir lancé cette semaine à ses partisans que la lutte avait «seulement commencé».

La présidentielle du 9 juillet est la plus disputée depuis la transition démocratique en Indonésie après la chute du dictateur Suharto (au pouvoir de 1967 à 1998), marquée par des violences qui avaient fait des dizaines de morts.

La victoire de Jokowi, issu d'un milieu modeste et sans aucun lien avec le régime autocratique du passé, marque l'avènement d'une nouvelle génération d'hommes politiques dans la première économie d'Asie du Sud-Est.

Âgé de 53 ans, Jokowi entend poursuivre les réformes démocratiques de l'ère post-Suharto. Il a déjà constitué une «équipe de transition» en attendant sa prise de fonctions officielle le 20 octobre, date de la fin du mandat de l'actuel chef de l'État, Susilo Bambang Yudhoyono.




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