L'Indonésie élit son nouveau président

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Des boites servant à contenir les votes ont été acheminées sur les quelque 17 000 îles et îlots de l'Indonésie.

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Benoit FINCK
Agence France-Presse
JAKARTA

Troisième démocratie du monde, l'Indonésie élit mercredi un nouveau président lors d'un scrutin qui oppose Joko Widodo, gouverneur de Jakarta, à un seul rival, un ex-général controversé, et sera le plus crucial depuis la chute du dictateur Suharto.

L'ex-général controversé Prabowo Subianto s'oppose à Joko Widodo, gouverneur de Jakarta.... (Photo REUTERS) - image 1.0

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L'ex-général controversé Prabowo Subianto s'oppose à Joko Widodo, gouverneur de Jakarta.

Photo REUTERS

Tôt mercredi matin (mardi soir à Montréal), les bureaux de vote ont ouvert tandis que près de 190 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dans ce pays d'Asie du Sud-est aux 17 000 îles et îlots. Ils devront choisir entre deux candidats dont la personnalité et la vision de l'avenir de la première économie d'Asie du Sud-Est sont très différentes.

Joko Widodo, surnommé Jokowi, est considéré par ses partisans comme le candidat qui poursuivra les réformes démocratiques de l'ère post-Suharto (1967-1998). Cet ancien vendeur de meubles issu d'un milieu modeste est le premier candidat à la présidentielle sans lien avec le régime autoritaire du passé.

Âgé de 53 ans, Jokowi a connu une ascension fulgurante en politique après avoir transformé la ville de Solo, dont il a été maire pendant sept ans, puis d'avoir été propulsé gouverneur de Jakarta en 2012. Il a soulevé l'espoir d'une nouvelle classe de dirigeants politiques en Indonésie, qui reste gouvernée par une élite issue de l'époque de Suharto.

En revanche, son rival Prabowo Subianto, ancien gendre de Suharto qui a reconnu avoir enlevé des militants pro-démocratie à la fin de l'ère Suharto, a déclaré récemment que la démocratie telle qu'elle est conçue en Occident n'était «pas adaptée à l'Indonésie», faisant craindre un retour à l'autoritarisme.

Le vainqueur du scrutin qui se déroulera de 7h00 à 13h00 locales (20h00 à 2h00, heure de Montréal) succédera au président Susilo Bambang Yudhoyono, auquel la Constitution interdit de se représenter après deux mandats de cinq ans.

En terme de voie démocratique, il s'agit potentiellement d'un tournant très important», explique à l'AFP Tobias Basuki, analyste du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS).

«Style de dirigeant complètement nouveau»

Pendant des mois, Jokowi a bénéficié dans les sondages d'une large avance allant jusqu'à 30 points, mais la marge s'est nettement réduite ces dernières semaines. Dans une enquête d'opinion publiée mardi par le Centre de recherches Saiful Mujani, Jokowi recueille 47,6% des intentions de vote, contre 44,9% pour Prabowo, soit un écart de 2,7 points.

L'ancien général, un homme à poigne, a effectué une remontée spectaculaire dans les sondages, dont certains l'ont même récemment donné gagnant.

Ayant fait fortune après s'être reconverti dans les affaires, Prabowo bénéficie du soutien de magnats de l'audiovisuel et de leurs chaînes de télévision. Une campagne de dénigrement a notamment accusé Jokowi de ne pas être un musulman, alors que l'Indonésie est le pays où cette religion est la plus répandue, ce qui lui a probablement coûté des points.

Les programmes deux candidats sont similaires. Ils ont mis en avant la lutte contre la corruption endémique et l'aide aux plus démunis, dans un pays de 250 millions d'habitants où près de la moitié des habitants vivent avec moins de deux dollars par jours.

Reste que «les électeurs se fient beaucoup à leur perception des candidats et à ce qu'ils ressentent», observe M. Basuki.

«Jokowi représente un style de dirigeant complètement nouveau, en dehors de ce qu'on appelle le cartel politique», alors que «Prabowo représente la stabilité et la sécurité dans l'esprit de certains électeurs», ainsi qu'une certaine «nostalgie» de l'ère Suharto, ajoute-t-il.

En politique, l'Indonésie n'a jamais connu «un homme du peuple» comme Jokowi, ce qui explique que les électeurs sont très partagés entre l'enthousiasme des uns et l'incompréhension des autres, dit encore M. Basuki.

Jokowi semble être le candidat préféré des marchés, Prabowo faisant craindre la fuite de nombre d'investisseurs étrangers, selon certains analystes.

Les premières estimations de sondages à la sortie des urnes seront publiées peu après la clôture des bureaux de vote.




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