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Une Québécoise au secours des Tharus

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Des femmes souhaitent la bienvenue à leurs invités, à Dang, au Népal.

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Esclaves des temps modernes
Esclaves des temps modernes

Ils ne sont plus entassés au fond d'une cale pour être vendus sur un autre continent. Mais ils n'ont pas disparu. Au contraire, il y a aujourd'hui 30 millions d'esclaves dans le monde. Comment cette pratique officiellement abolie depuis des lustres peut-elle être toujours aussi répandue ? La réponse n'est pas simple. Nous l'avons cherchée en Inde, en Mauritanie et au Népal, trois pays qui se classent aux premiers rangs des nations esclavagistes de la planète. »

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Après des décennies vouées à Dieu, Michelle Bonneau a tout lâché en 2001 pour faire le tour du globe. C'était le début d'une longue aventure qui l'a amenée à consacrer sa vie au sort des Népalaises.

« J'ai vu au Népal la profondeur de la pauvreté des femmes, surtout concernant leur éducation, se souvient la Montréalaise d'origine. J'ai vu comment elles étaient traitées, c'est-à-dire comme des moins que rien. Je me suis mis en tête de revenir un jour pour aider ces femmes. »

Cinq ans plus tard, elle a vendu sa voiture et son condo au bord du lac Okanagan en Colombie-Britannique. Direction : Katmandou, Népal. Décidée à changer le destin des femmes Tharus, elle a fondé l'organisme International Women Education Network (IWEN). La suite, elle allait l'apprendre sur le tas. Le chemin vers la réussite a été cahoteux, pour ne pas dire chaotique. Aujourd'hui, IWEN vient en aide à 448 femmes.

Depuis 10 ans, l'intervention d'organismes non gouvernementaux comme celui de Mme Bonneau a permis de libérer 13 000 Népalaises de l'esclavage. Les initiatives mises en place au fil des ans, par exemple les groupes de microcrédit, permettent maintenant aux femmes d'être autosuffisantes. 

« Nous sommes efficaces parce que nous rassemblons les familles. C'est un problème familial, un problème de communauté », explique Deepak Raj Sapkota, qui défend les droits des enfants depuis 20 ans. Il travaille en collaboration avec l'organisme IWEN.

Renforcer la loi

À en croire les ONG, le gouvernement a bien peu de mérite. Le système de Kamaiya, dont font partie les Kamalaris*, a été aboli en juillet 2000. « La loi elle-même n'était pas à la hauteur du problème. En plus, dans des pays comme le Népal, la volonté gouvernementale pour faire appliquer les lois est très faible », affirme M. Sapkota.

En 2006, la Cour suprême a dû ordonner au gouvernement du Népal de renforcer la loi prohibant l'exploitation des enfants, et de mettre en place des moyens concrets pour venir en aide aux rescapés.

Malgré tout, selon l'anthropologue Neeta Budhathoki, auteure d'une thèse récente sur les Kamalaris, le gouvernement népalais ne tient pas ses promesses. En 2009-2010, une enveloppe de 1,43 million US était allouée à la lutte contre ce système. Mais seuls 360 000 $US ont été dépensés. Même scénario l'année suivante : 350 000 $US ont été dépensés alors qu'un budget de 1,9 million US avait été prévu.

À l'été 2013, une jeune Kamalari de 12 ans est morte, brûlée vive. Les autorités policières - souvent corrompues - prétendaient qu'il s'agissait d'un suicide. Pour le mouvement antiKamalari formé d'ex-esclaves, c'était un meurtre, de toute évidence. Il a organisé une manifestation devant les bureaux du gouvernement à Katmandou et a finalement été pris au sérieux. Les parlementaires ont promis de s'attaquer sérieusement au problème. Les preuves restent à faire.

*Kamaiya est le nom du système de servitude pour dettes au Népal, incluant hommes, femmes et enfants. Il concerne principalement les membres de l'ethnie Tharu et les Dalits (les intouchables, selon le système de castes). Le terme « Kamalari » ne s'applique qu'aux femmes.




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