Le vice-président Joe Biden profitera de sa visite à Pékin la semaine prochaine pour faire part des «inquiétudes» des États-Unis au sujet de la zone de défense aérienne définie en mer de Chine orientale, a annoncé mercredi un responsable américain.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Cette visite en Chine est l'occasion pour le vice-président de discuter directement de ce dossier avec les responsables de Pékin, de communiquer directement nos inquiétudes et de demander des éclaircissements au sujet de la décision de la Chine», a précisé ce responsable sous couvert d'anonymat.

L'annonce samedi de la mise en place par Pékin d'une zone aérienne d'identification (ZAI) en mer de Chine orientale, incluant un archipel disputé entre la Chine et le Japon, a été qualifiée d'«incendiaire» par la Maison Blanche, tandis que le ton est monté entre Tokyo et Pékin, chacun convoquant l'ambassadeur de l'autre.

Mardi, les États-Unis avaient révélé que deux de leurs bombardiers lourds B-52, non armés, avaient pénétré dans la ZAI, sans en référer à Pékin, un geste apparemment destiné à faire passer le message que Washington n'avait pas l'intention de céder du terrain.

La Chine a affirmé avoir «surveillé» ce vol, dans un communiqué qui ne l'a pas reproché aux États-Unis.

M. Biden «argumentera plus largement sur le fait que le type de comportement en cours d'émergence de la part de la Chine inquiète ses voisins, pose la question de savoir comment la Chine opère sur la scène internationale et comment la Chine gère les désaccords avec ses voisins», a encore ajouté le responsable américain, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse téléphonique sur la tournée asiatique que doit effectuer Joe Biden à partir de lundi.

«C'est de zone aérienne internationale dont nous parlons. Nous ne parlons pas de survols d'un territoire souverain. Et donc, les États-Unis ont un intérêt légitime, comme la communauté internationale, car des compagnies aériennes et dans certains cas des avions militaires survolent régulièrement la zone que la Chine a définie», a-t-il ajouté.

«Donc, il faut que la Chine clarifie ses intentions et réponde à plusieurs questions que cette mesure provoque, aussi bien pour l'aviation civile que pour des raisons stratégiques», selon la même source.

Avant sa visite à Pékin, mercredi et jeudi, M. Biden se rendra au Japon. Il conclura sa tournée par une escale en Corée du Sud, qui comme le Japon est un allié de Washington confronté à des revendications géopolitiques de Pékin.

Cette tournée asiatique interviendra deux mois après que le président Barack Obama a dû renoncer à un voyage dans cette région, érigée en priorité de politique étrangère par l'administration démocrate depuis son installation à la Maison Blanche début 2009.

M. Obama, qui avait prévu de se rendre en Indonésie, au Brunei, en Malaise et aux Philippines, y avait renoncé début octobre en raison de la crise politique aiguë sur le budget et la dette à Washington.

L'absence de M. Obama au sommet Asie-Pacifique de Bali (Indonésie) le 7 octobre avait permis à son homologue chinois Xi Jinping d'opérer sans entraves une offensive de charme vis-à-vis de ses voisins, méfiants face aux prétentions territoriales de Pékin.