Le Parti du peuple pakistanais (PPP), principale formation d'opposition au Pakistan depuis sa défaite aux législatives de mai, a annoncé vendredi son boycott de l'élection présidentielle prévue en début de semaine prochaine.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les sénateurs et députés du parlement national, ainsi que les élus des quatre assemblées provinciales, doivent élire mardi le successeur d'Asif Ali Zardari à la tête du seul pays musulman détenteur de l'arme nucléaire.

M. Zardari, veuf de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre en 2007, avait été porté au pouvoir l'année suivante pour un mandat de cinq ans qui prend fin en septembre.

Ce dernier avait déjà affirmé qu'il ne serait pas candidat à sa succession après la défaite de son parti, le PPP, lors des législatives nationales de mai remportées par la Ligue Musulmane (PML-N) de Nawaz Sharif, devenu depuis premier ministre.

La PML-N a présenté cette semaine la candidature de Mamnoon Hussain, un cacique du parti et homme d'affaires ayant fait fortune dans le textile, pour le poste de président, une fonction devenue en grande partie symbolique depuis un amendement constitutionnel de 2010 redonnant plus de pouvoir au parlement.

L'élection du nouveau président pakistanais était initialement prévue le 6 août prochain, mais la Cour suprême a avancé cette semaine l'échéance au mardi 30 juillet, ce qui a nourri les critiques de l'opposition.

«La Cour suprême ne nous a pas avertis et ne nous a pas donné la chance de lui présenter notre point de vue avant de prendre cette décision unilatérale», a déclaré vendredi le sénateur Raza Rabbani, candidat du PPP à la présidentielle.

«Nous n'avons donc pas d'autre choix que de boycotter ce scrutin», a-t-il ajouté, soutenant qu'il n'aurait pas eu le temps de faire le tour du pays pour convaincre les députés de voter pour lui d'ici au scrutin de mardi.

Le PPP n'avait toutefois aucune chance de remporter la présidentielle, face à la PML-N, majoritaire à l'Assemblée nationale, estiment dans une rare unanimité les commentateurs à Islamabad.

De son côté, la deuxième formation d'opposition, le Tehreek-e-Insaf (PTI, parti de la Justice) de l'ex-gloire du cricket Imran Khan ne boycottera pas cette présidentielle, a indiqué son chef vendredi.

«Mon parti et moi-même pensons que le PPP a raison lorsqu'il dit que les candidats ont très peu de temps pour faire campagne... Mais après consultations, nous avons décidé de participer à l'élection présidentielle», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Islamabad. Le PTI a choisi l'ancien juge à la retraite Wajihuddin Ahmed comme candidat à la présidentielle, mais ses chances sont presque nulles face à la PML-N.