Les auteurs présumés du viol collectif d'une étudiante de 23 ans dans un bus à New Delhi, décédée des suites de l'agression, devaient comparaître jeudi devant la justice indienne pour la première fois depuis cette affaire qui a profondément choqué le pays.

La police doit formellement engager des poursuites pour viol, enlèvement et meurtre à l'encontre de cinq suspects majeurs. Le sort d'un sixième accusé, présenté comme ayant 17 ans, restait encore indéterminé, des examens osseux ayant été ordonnés par les autorités pour déterminer son âge.

Les cinq suspects, qui vivent pour la plupart dans des bidonvilles de Delhi, doivent comparaître devant le tribunal du district de Saket, dans le sud de la capitale fédérale. Si son âge est avéré, le sixième auteur présumé comparaîtra pour sa part devant un tribunal pour enfants.

Le ministre de l'Intérieur, Sushilkumar Shinde, a indiqué mardi que les suspects encouraient la peine de mort s'ils étaient jugés coupables.

Rana Dasgupta, un membre du tribunal interrogé par l'AFP, a précisé qu'il était «obligatoire pour tous les accusés de se présenter devant le magistrat». Ce dernier prendra acte du rapport d'accusation présenté par la police puis en donnera une copie à tous les accusés.

Ce rapport de 1000 pages, selon les médias, compile les preuves accumulées à leur encontre, les plus accablantes reposant sur le témoignage du petit ami de la victime après le viol collectif. Présent au moment des faits, il a été battu à coup de barre de fer avant d'être jeté du bus.

Les avocats rattachés au tribunal de Saket ont annoncé mercredi qu'ils refusaient de défendre les auteurs présumés.

«Nous avons décidé qu'aucun avocat ne se présentera pour défendre les accusés du viol, parce que ce serait immoral de défendre l'affaire», a annoncé à l'AFP Sanjay Kumar, un avocat membre du Barreau du district de Saket.

Selon M. Kumar, les 2500 avocats enregistrés auprès du tribunal ont décidé de «rester à l'écart» pour assurer une «justice rapide», signifiant ainsi que les avocats des suspects devront être commis d'office.

Le secrétaire à l'Éducation, Shashi Tharoor, a ouvert mercredi un débat en proposant qu'une nouvelle loi réprimant plus sévèrement les agressions sexuelles porte le nom de l'étudiante en kinésithérapie.

Même si de nombreux éléments de sa vie personnelle et familiale ont été évoqués dans la presse, son nom n'a pas été dévoilé.

Le frère de la victime a affirmé au quotidien The Indian Express que sa famille n'y était pas opposée. «Ce sera comme un hommage à sa mémoire», a-t-il estimé.