Les autorités chinoises ont tenté de réprimer les militants qui ont appelé la population à se rassembler dans une dizaine de villes, dimanche, pour une «Révolution du jasmin».

Publié le 19 févr. 2011
Cara Anna ASSOCIATED PRESS

On ignore l'origine exacte de ce mouvement, mais chose certaine, les autorités sont rapidement intervenues afin d'éviter que le mot ne se propage en ligne. Samedi, les recherches pour le mot «jasmin» ont été bloquées sur le microblogue Sina, l'équivalent chinois de Twitter, tandis que le site internet où l'invitation a d'abord été lancée aurait été victime d'une attaque informatique.

Les militants ne semblaient pas savoir comment répondre à cette invitation, mais cela ne les a pas empêchés de la transférer à leurs contacts. Ils ont déclaré qu'ils ignoraient quel groupe avait demandé aux citoyens de se rassembler dans 13 villes pour crier «Nous voulons de la nourriture, nous voulons du travail, nous voulons des logements, nous voulons la justice!».

Certains se demandaient même si cet appel n'était pas plutôt l'occasion de faire une «représentation artistique», à défaut de s'inscrire dans une démarche sérieuse de révolution populaire semblable à celles qui secouent le monde arabe depuis plusieurs semaines.

La Chine a limité la couverture journalistique des événements qui se sont déroulés au Moyen-Orient et a rapidement mis fin à toute protestation en sol chinois.

Les autorités semblaient prendre cet appel à la protestation au sérieux. Des militants auraient été détenus ou harcelés et certains auraient été bien avertis de ne pas participer à l'événement prévu dimanche.

Les policiers ont fait monter dans leur voiture un avocat de Pékin, Jian Tianyong, selon son épouse Jian Bianling. Samedi soir, lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press, elle a affirmé qu'elle attendait toujours que les autorités lui fournissent des précisions.

Selon le militant chinois Su Yutong, qui réside maintenant en Allemagne, les actions menées par les autorités chinoises démontrent que même si ces appels au soulèvement n'étaient pas sérieux, elles les craignent malgré tout.

Ces appels ont été lancés dans la foulée d'un discours de Hu Jintao, qui a invité samedi les principaux dirigeants du Parti communiste à «régler les problèmes d'envergure qui pourraient miner l'harmonie et la stabilité de la société».

La population chinoise est confrontée à une hausse du prix des aliments et des coûts de logement. Le Parti communiste pourrait bien craindre que cette situation n'entraîne des manifestations.