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La baisse du taux de natalité en Asie inquiète

De jeunes mères font du sport avec leur... (Photo AFP)

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De jeunes mères font du sport avec leur bébé à Yokohama, au Japon.

Photo AFP

Franck Zeller
Agence France-Presse
Tokyo

Les pays d'Asie les plus riches affichent pour la plupart de solides taux de croissance économique, mais leur taux de fécondité, lui, est anémique et le faible nombre de naissances suscite des inquiétudes pour leur avenir.

Singapour, la Corée du Sud et Taïwan sont ainsi dotés de taux de fécondité parmi les plus faibles du monde. Dans quelques années, un grand nombre de retraités dépendront de peu d'adultes actifs pour leur santé et leur retraite.

À l'avant-garde de l'Asie figure le Japon: avec un taux de fécondité de 1,37 enfant par femme en 2009 et alors que l'immigration reste un tabou, le Japon verra sa population passer de 127 millions actuellement à 95 millions en 2050. Deux Japonais sur cinq auront alors au moins 65 ans.

En Chine, l'arrivée massive des travailleurs venus des campagnes fait marcher les usines. Mais la deuxième économie mondiale sera elle aussi confrontée au vieillissement de sa population, après trente ans de politique de l'enfant unique.

«Ces 50 dernières années, la modernisation économique et sociale de l'Asie a été accompagnée d'une baisse remarquable des taux de fécondité», souligne le centre de recherche Est-Ouest, basé à Hawaï, dans un rapport.

La montée du niveau de vie s'accompagne en général d'une baisse du nombre des naissances. En Europe, le nombre de nouveaux bébés ne suffit pas, dans la plupart des pays, à assurer le renouvellement des générations (2,1%): le taux de fécondité est de 1,36% en Allemagne, 1,40% en Espagne et 1,98% en France (l'un des plus élevés d'Europe).

En Asie, la Chine affiche un taux de 1,60%, Singapour 1,2%, la Corée du Sud 1,1% et Taïwan 1,03%.

Pour répondre au déclin de la population et à son vieillissement, les pays pourraient avoir recours à l'immigration. Mais les gouvernements y sont réticents.

À Singapour, l'État organise des soirées de rencontre entre diplomés de ses universités dans l'espoir d'aider à donner naissance à des couples, et donc des bébés. Avec peu de succès.

Les gouvernements multiplient également les réductions d'impôts ou les allocations pour inciter leurs citoyens à enfanter. Là aussi, sans grand résultat.

Le problème fondamental, soulignent les experts, est que la répartition des tâches en Asie reste calquée sur un modèle profondément traditionnel: aux femmes d'élever les enfants et de s'occuper de la maison, aux hommes de gagner l'argent.

«Le problème, c'est que les femmes sud-coréennes ont trop à perdre lorsqu'elles se marient. La réalité quotidienne fait que la mariage, et l'arrivée d'enfant(s) est une option pas du tout attirante en Corée du Sud», explique par exemple Kim Hye-Young, chercheuse à l'institut du Développement des femmes en Corée.

Au Japon, tomber enceinte signifie la plupart du temps renoncer à une carrière. Les Japonaises «n'ont pas d'enfants car cela les obligerait à renoncer à trop de choses. Les politiques de l'emploi les obligent à choisir entre un métier ou une famille», note Jeff Kingston, professeur à la Temple Université de Tokyo.

Les études d'opinion montrent que les populations de ces pays ont conscience des futures difficultés causées par la chute de la natalité. Mais ces inquiétudes ne suffisent pas à les pousser à procréer.

Un sondage, réalisé en octobre auprès de 2990 Taïwanais dotés d'un emploi, sans enfant et en âge de procréer, montrait que 64% ne prévoyait pas de fonder une famille.

Mais 87% estiment que le très faible taux de fécondité de l'île pose de sérieux problèmes: deux tiers estiment ainsi que la société taïwanaise ne pourra plus s'occuper des personnes âgées dans quelques années.




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