Vingt-cinq militants islamistes purgeant de longue peines notamment pour tentative de coup d'État se sont évadés d'une prison au Tadjikistan après avoir tué cinq gardiens, et pourraient fuir en Afghanistan, pays voisin, ont annoncé lundi les autorités tadjikes.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Dans la nuit de dimanche à lundi, un groupe de condamnés s'est évadé du centre de détention (à Douchanbé, la capitale) après avoir attaqué des gardiens et s'être emparés de leurs armes», a indiqué à l'AFP un responsable local.

«Un gardien a été tué, 25 détenus armés ont enfilé des tenues de camouflage et se sont échappés de la prison», a ajouté le responsable dans un communiqué.

Les prisonniers ont ensuite attaqué une maison d'arrêt du ministère de la Justice, située à proximité du centre de détention, «tuant quatre gardiens avant de prendre la fuite en voiture», selon le communiqué.

Ces «dangereux criminels à bord de quelques voitures ont quitté Douchanbé en direction de la vallée de Racht, dans l'est du Tadjikistan», d'où ils pourraient se rendre en Afghanistan, a indiqué de son côté le ministère tadjik de l'Intérieur.

En conséquence, les gardes-frontières ont été mis en état d'alerte, afin d'empêcher les évadés de quitter le pays, a déclaré à l'AFP l'un de leurs responsables, sous couvert d'anonymat.

Les postes-frontières avec le Kirghizstan, l'Ouzbékistan et la Chine ont également été mis en état d'alerte, a-t-il ajouté.

En outre, une cellule de crise a été mise en place et les mesures de sécurité ont été renforcées sur toutes les routes du Tadjikistan, ainsi que dans les aéroports et les gares, a précisé le ministère.

Selon les autorités tadjikes, les évadés appartiennent au Mouvement islamique de l'Ouzbékistan, considéré notamment par Washington comme une organisation terroriste.

Ils avaient été arrêtés en juillet 2009 lors d'une attaque dans l'est du Tadjikistan où le gouvernement de cette ancienne république soviétique est confronté à des combattants islamistes. Ces militants ont été condamnés pour tentative de coup d'État et pour des trafics de drogue qu'ils organiseraient pour financer des attaques en Afghanistan et au Pakistan.

Parmi eux figurent des citoyens afghans et six ressortissants russes natifs du Caucase du Nord, région instable de Russie où les autorités luttent contre une guérilla islamiste.

Dans le cadre d'une vaste opération de recherches pour retrouver les évadés, les services spéciaux tadjikes ont adressé une demande d'aide à la Russie et à l'Afghanistan, a indiqué un haut responsable du Comité national de sécurité, Kassim Gafarov, cité par l'agence Itar-Tass.

Le Tadjikistan, qui a une frontière poreuse de 1 340 km avec l'Afghanistan, est dans une situation fragile depuis l'accord de paix conclu en 1997 après la guerre civile entre le pouvoir et des combattants islamistes. Ce conflit, qui avait éclaté après le démembrement de l'URSS, a fait environ 150 000 morts.