Les États-Unis et la Corée du Sud ont mené lundi des exercices de lutte anti-sous-marine, au deuxième jour de leurs manoeuvres conjointes visant à mettre en garde la Corée du Nord, quatre mois après le torpillage d'une corvette sud-coréenne attribué à Pyongyang.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les exercices, prévus jusqu'à mercredi, mobilisent une vingtaine de bâtiments, dont le porte-avions George Washington, 200 avions et 8000 hommes.

Ceux de lundi qui se déroulaient dans les aux internationales, en mer du Japon, à quelque 200 km au sud des eaux nord-coréennes, sont destinés à «mieux détecter et à attaquer les sous-marins intrus», a déclaré à des journalistes un porte-parole de l'état-major sud-coréen.

L'armée sud-coréenne avait été très critiquée pour n'avoir pas réussi à détecter l'attaque du sous-marin nord-coréen en mer Jaune.

Quatre avions de chasse furtifs F-22 Raptor ont survolé la Corée pour la première fois pour montrer la détermination de Washington à empêcher toute provocation, a déclaré à la presse sur la base aérienne d'Osan, le général Jeffrey Remington.

Des centaines de marins étaient alignés sur le pont du George Washington pendant que 28 appareils ont participé à un défilé aérien, selon un pool de journalistes à bord du navire.

Ces exercices, qui ont débuté dimanche et sont les premiers d'une série, ont été condamnés par le régime nord-coréen qui a menacé samedi de riposter par une «puissante dissuasion nucléaire».

Lors d'une réunion lundi de hauts responsables nord-coréens à Pyongyang, le ministre des Forces armées, Kim Yong-Chun a déclaré que le Nord renforcerait sa dissuasion nucléaire «d'une nouvelle façon» pour faire face à une menace nucléaire américaine accrue, selon l'agence officielle de presse nord-coréenne.

La Corée du Sud et les États-Unis, s'appuyant sur les résultats d'une enquête internationale, accusent Pyongyang d'avoir coulé un navire de guerre sud-coréen, le Cheonan, le 26 mars près de frontière maritime intercoréenne en mer Jaune. Quarante-six marins sud-coréens avaient péri.

Le régime communiste, soutenu par la Chine, a toujours nié avoir torpillé le navire. Cet épisode a ravivé les tensions dans la péninsule, alors que la Corée du Nord a claqué la porte depuis plus d'un an des discussions entre six pays visant à la convaincre de renoncer à ses ambitions nucléaires.

La semaine dernière, Washington a annoncé de nouvelles sanctions économiques et financières à l'encontre de la Corée du Nord, déjà sous le coup de nombreuses sanctions internationales depuis ses deux essais nucléaires de 2006 et 2009.

La Corée du Nord avait quitté en avril 2009 les pourparlers à six pays (États-Unis, deux Corées, Chine, Russie, Japon), entamés en 2003 mais bloqués depuis décembre 2008, qui visent à la persuader de renoncer à son programme nucléaire.

Le mois suivant, Pyongyang avait effectué son second essai nucléaire, suivi en juin 2009 par un nouveau train de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU.