La Corée du Nord a menacé samedi de recourir à une «puissante dissuasion nucléaire» face aux manoeuvres prévues en mer à partir de dimanche par les États-Unis et la Corée du Sud en riposte au torpillage d'un navire sud-coréen.

Mis à jour le 24 juill. 2010
Park Chan-Kyong AGENCE FRANCE-PRESSE

Pyongyang est prêt à une «guerre sacrée de représailles», a déclaré l'agence officielle KCNA, citant la Commission de la défense nationale nord-coréenne.

Les États-Unis et leur allié sud-coréen prévoient des manoeuvres militaires à grande échelle en mer du Japon à partir de dimanche afin de faire pression sur la Corée du Nord, accusée d'avoir torpillé en mars la corvette sud-coréenne Cheonan.

«Toutes ces manoeuvres guerrières ne sont rien d'autre que de pures provocations destinées à étouffer quasiment la République populaire démocratique de Corée par la force des armes», a ajouté KCNA.

«L'armée et le peuple de la RPDC vont s'opposer d'une manière légitime avec leur puissante dissuasion nucléaire aux exercices de guerre nucléaire les plus importants jamais organisés par les États-Unis et les forces de la marionnette sud-coréenne», affirme l'agence officielle.

La Corée du Nord avait promis vendredi une «réponse physique» aux représailles annoncées par les États-Unis, tandis que Washington appelait Pyongyang à se garder de tout acte «provocateur».

Samedi, le porte-parole du département d'État Philip Crowley a insisté sur le fait que les Américains n'étaient «pas intéressés par une guerre des mots» avec Pyongyang.

«Ce que nous souhaitons de la part de la Corée du Nord, c'est moins de langage provocateur et plus d'actes constructifs», a-t-il ajouté.

Ces joutes verbales ont dominé la réunion du Forum régional sur la sécurité à laquelle ont participé vendredi à Hanoi la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le chef de la diplomatie nord-coréenne Pak Ui-Chun.

Les tensions se sont accrues dans la péninsule coréenne depuis le naufrage, le 26 mars, du Cheonan, dans lequel 46 marins sud-coréens ont péri près de la ligne de démarcation intercoréenne en mer Jaune.

Washington et Séoul, s'appuyant sur les conclusions d'une enquête internationale, accusent le régime communiste de Pyongyang d'être responsable du naufrage. La Corée du Nord, soutenue par Pékin, nie avoir coulé le navire.

Le 9 juillet, le Conseil de sécurité de l'ONU avait condamné l'attaque, tout en se gardant de pointer du doigt un pays en particulier.

Dans une démonstration de force, Américains et Sud-Coréens ont annoncé mardi le lancement de manoeuvres navales qui seront, selon le ministère sud-coréen de la Défense, les premières d'une série de dix prévues sur plusieurs mois.

Le premier exercice, qui doit s'achever le 28 juillet, mobilisera 8000 Américains et Sud-Coréens, une vingtaine de navires et sous-marins, dont le porte-avions George Washington, ainsi qu'environ 200 avions, dont le chasseur américain F-22, selon l'armée américaine.

Mercredi, Mme Clinton a annoncé de nouvelles sanctions économiques et financières à l'encontre de Pyongyang, déjà sous le coup de nombreuses sanctions internationales depuis ses deux essais nucléaires de 2006 et 2009.

En avril 2009, la Corée du Nord avait claqué la porte des pourparlers à six (États-Unis, deux Corée, Chine, Russie, Japon) entamés en 2003, qui visent à persuader Pyongyang de renoncer à ses programmes nucléaires.

Mais l'universitaire sud-coréen Koh Yu-Hwan a mis en garde samedi contre l'arme des sanctions. Celles-ci «fourniront au Nord une excuse pour justifier un contrôle plus étroit sur la population et aider à préparer la succession» du leader Kim Jong-Il à son troisième fils, Jong-Un, écrivait-il dans le journal sud-coréen Hankook Ilbo

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