Le régime de Pyongyang pourrait être sur le point de procéder à un troisième essai nucléaire, ont estimé mercredi plusieurs analystes ainsi qu'un transfuge nord-coréen de premier plan, à la lumière de récentes déclarations dans la presse officielle du Nord.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les spéculations sur l'imminence d'un nouvel essai, en violation des résolutions de l'ONU, vont bon train depuis que la chaîne sud-coréenne câblée YTN a affirmé mardi, s'appuyant sur des sources diplomatiques non-identifiées, que Pyongyang se préparerait, depuis février, en vue d'un essai en mai ou juin.

Les tensions avaient déjà atteint un point culminant sur la péninsule coréenne après l'explosion et le naufrage le 26 mars d'un navire de la marine sud-coréenne près de la frontière maritime contestée avec la Corée du Nord.

Si les responsables diplomatiques sud-coréens et américains faisaient part de leur scepticisme, des observateurs et un ancien haut responsable nord-coréen disaient eux lire des signes avant-coureurs de préparatifs dans plusieurs déclarations officielles récentes.

Le porte-parole du département d'État américain (Affaires étrangères) P. Crowley a déclaré mercredi que la Corée du Nord devait reprendre les négociations sur le désarmement nucléaire et tenir son engagement à renoncer à son programme nucléaire.

«Nous n'accepterons pas la Corée du Nord comme un État doté de l'arme nucléaire», a déclaré le porte-parole américain. «Sa trajectoire actuelle va vers l'impasse», a ajouté M. Crowley, qui a par ailleurs assuré que si la Corée du Nord remplissait ses obligations, elle pourrait avoir d'autres relations avec les États-Unis et le reste du monde.

Un porte-parole de la diplomatie de Pyongyang a notamment affirmé que le régime aller «augmenter et moderniser» son arsenal nucléaire à titre dissuasif «tant que la menace nucléaire américaine persiste». Des propos rapportés par l'agence officielle KCNA.

Mercredi, KCNA a en outre diffusé un mémo sur la politique nucléaire du régime, le compte-rendu affirmant que Pyongyang «fera autant de nucléaire qu'il estime nécessaire mais ne participera pas à la course aux armes nucléaires ni n'en produira plus qu'il ne le juge nécessaire».

Selon un transfuge de haut rang, autrefois membre du Comité central du Parti des travailleurs au pouvoir à Pyongyang, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, cette terminologie laisse entendre que le régime nord-coréen est déterminé à se doter d'armes nucléaires.

Pyongyang, qu'on considère posséder suffisamment de plutonium de grade militaire pour une demi-douzaine d'armes, a effectué son premier essai nucléaire en 2006, et le deuxième en mai 2009, après avoir quitté les pourparlers sur son désarmement, déclenchant la mise en oeuvre d'une nouvelle série de sanctions onusiennes.