Un tribunal d'exception du Bangladesh a condamné dimanche 57 garde-frontières à des peines de prison allant de quatre mois à sept ans pour avoir participé à une mutinerie en février 2009 au cours de laquelle de nombreux officiers avaient été tués, a annoncé un procureur.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La mutinerie avait éclaté le 25 février 2009 au quartier général des Bangladesh Rifles (BDR) à Dacca. Des milliers d'hommes de cette unité paramilitaire chargée de la surveillance des frontières avaient pris les armes contre leurs officiers lorsque la mutinerie s'était étendue aux garnisons des BDR situées en province.

De nombreux militaires, dont les corps ont été dissimulés dans des fosses communes ou des égouts, avaient été tués.

Le procureur Mosharraf Hossain a déclaré à l'AFP que 57 accusés avaient été condamnés à des peines allant de quatre mois à sept ans de prison pour avoir rejoint les rangs des mutins dans la ville frontalière de Feni (sud-est).

Ils sont accusés notamment d'avoir pillé des armes ou terrorisé des officiers.

Sur les 62 accusés qui ont comparu devant le tribunal, cinq ont été acquittés.

Le même tribunal a au cours des deux dernières semaines condamné 79 autres garde-frontières à des peines d'emprisonnement.

En outre, 2 200 autres garde-frontières, sur lesquels pèsent des chefs d'accusation plus graves, comme le meurtre, seront jugés séparément par des tribunaux civils. Ils encourent la peine de mort.

La gestion de cette crise a généré des tensions entre le nouveau gouvernement civil du Premier ministre Sheikh Hasina et les militaires, qui voulaient que tous les mutins soient jugés par les tribunaux militaires.

Le gouvernement a accepté un compromis, prévoyant que quelque 3 500 hommes des BDR soient traduits devant des tribunaux militaires.