Les Corées ont échangé mercredi des tirs près d'une zone frontalière maritime sensible en Mer Jaune, moins de trois mois après un accrochage naval qui avait déjà exacerbé les tensions entre voisins.

Jun Kwanwoo AGENCE FRANCE-PRESSE

L'artillerie nord-coréenne a effectué des tirs en batteries dans un secteur situé au nord de la frontière intercoréenne, a affirmé le ministère sud-coréen de la Défense. «Notre armée a répliqué par des tirs de semonce à l'aide de canons Vulcan et a envoyé des avertissements radio», a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère.

Les «exercices» du Nord étaient toujours en cours mercredi matin.

Le mois dernier, le Nord avait conseillé aux navires sud-coréens d'éviter la zone maritime frontalière, indiquant que son artillerie y réaliserait des exercices.

«De tels exercices d'artillerie effectués par l'armée populaire de Corée (APC) continueront d'avoir lieu dans les mêmes eaux», a assuré l'état-major nord-coréen dans un communiqué cité par l'agence du régime KCNA.

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, l'armée nord-coréenne a procédé aux tirs près de l'île de Baengnyeong, sous administration sud-coréenne. Les militaires sud-coréens présents sur l'île ont répliqué en tirant des obus d'une portée de 3 à 4 km, selon l'agence.

Les échanges n'ont fait aucun blessé mais la frontière intercoréenne en Mer jaune constitue une zone ultra sensible où se sont déjà produits plusieurs incidents navals.

Les plus graves en 1999 et 2002 ont opposé des navires nord et sud-coréens.

Le plus récent s'est produit en novembre dernier. Les autorités sud-coréennes avaient alors affirmé avoir infligé d'importants dégâts à un bateau nord-coréen qui venait de franchir la frontière maritime en passant outre les tirs de semonce.

Pyongyang avait alors assuré qu'il aurait recours à des «moyens militaires» pour protéger sa frontière maritime.

La zone maritime frontalière est une source incessante de conflit entre Pyongyang et Séoul depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53). Le Nord conteste cette frontière établie par les Nations unies à la fin de la guerre, et souhaiterait qu'elle soit déplacée plus au sud.

«La Corée du Nord va probablement continuer ces provocations militaires de basse intensité au cours des prochains mois», a déclaré Baek Seung-Joo, expert auprès de l'Institut coréen d'analyse de Défense.

«Mais il est improbable que cela en vienne aux extrémités car le Nord veut maintenir sa coopération économique avec le Sud», a-t-il estimé.

Comme à son habitude, le régime stalinien a soufflé le chaud et le froid ces derniers mois, acceptant l'aide du voisin sudiste tout en le menaçant de représailles militaires.

Dimanche encore, le Nord avait fustigé un plan sud-coréen prévoyant une «frappe préventive» contre son territoire afin de contrecarrer toute attaque nucléaire.

Précisément sur ce dossier, Pyongyang exige comme préalable à la reprise des négociations sur sa dénucléarisation un traité de paix avec les États-Unis, ce que ces derniers refusent.

Les pourparlers sur le nucléaire entamés en août 2003 impliquent la Corée du Nord, la Corée du Sud, la Chine, le Japon, les États-Unis et la Russie.

Le dernier cycle de discussions s'est tenu en décembre 2008.

Pyongyang a claqué en avril 2009 la porte des discussions sur sa dénucléarisation après un tir de missile controversé sanctionné par le Conseil de sécurité de l'ONU. Il a procédé dans la foulée à son deuxième essai nucléaire depuis celui de 2006.