Le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains, a réaffirmé samedi à Copenhague, qu'il ne cherchait pas l'indépendance du Tibet, s'étonnant des accusations de Pékin qui a dénoncé ses «activités séparatistes».

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous ne cherchons pas l'indépendance. Ces mots, je les ai répétés mille fois, et je pense que le monde entier le croit. Mais en dépit de cela, le gouvernement chinois nous accuse continuellement d'être sécessionnistes», a-t-il déclaré à la presse, au deuxième jour de sa visite au Danemark. «Que faire», a-t-il dit, déplorant que «partout où il va, il y a toujours des manifestations chinoises contre lui».

Le dalaï lama a entamé vendredi une visite de trois jours au Danemark dans le cadre d'une tournée européenne qui le mènera en Islande, aux Pays-Bas et en France.

Il s'est déclaré «très honoré» d'avoir été reçu vendredi par le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen à sa résidence officielle, une visite qualifiée de «privée et non politique» par les deux hommes.

«Ma visite n'est pas politique, mais spirituelle et éducative», a-t-il réitéré samedi, ajoutant qu'il s'est entretenu également avec le chef de la diplomatie Per Stig Moeller.

Pékin a vivement dénoncé cette rencontre, estimant qu'elle portait gravement atteinte aux relations entre la Chine et le Danemark.

«Ignorant les nombreuses démarches solennelles de la Chine», les responsables danois «ont persisté à rencontrer le dalaï lama qui est venu au Danemark effectuer des activités séparatistes», a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang.

Le ministre danois des Affaires étrangères Per Stig Moeller a déploré la réaction négative de Pékin. «Mais c'est le choix de la Chine que nous regrettons» a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a souligné que la visite du dalaï lama ne changeait pas la politique du Danemark qui souhaite des relations toujours plus fortes et renforcées avec la Chine.

«Le Danemark a une seule politique à l'égard de la Chine et soutient qu'une solution à la question tibétaine doit être trouvée à l'intérieur des frontières de ce pays», a-t-il déclaré, réitérant les propos du premier ministre Lars Loekke Rasmussen de vendredi selon lesquels le Tibet fait partie intégrante de la Chine.

Le Prix Nobel de la paix en 1989 est invité au Danemark par l'organisation humanitaire Tibet Charity.

Après une conférence publique devant des fidèles bouddhistes le dalaï lama devait rencontrer des membres des commissions de politique étrangères et des affaires extérieures du parlement danois.

Il devait poursuivre cette lecture dimanche, puis s'entretenir avec la présidente du parti social-démocrate (opposition) Helle Thorning-Schmidt. Celle-ci a dénoncé l'attitude du premier ministre danois pour qui sa rencontre avec le dalaï lama était privée.