Un rapport d'enquête gouvernemental rendu public mercredi au Bangladesh affirme que la frustration de paramilitaires sur leurs salaires et conditions de vie est à l'origine d'une sanglante mutinerie en février au sein d'un régiment à Dacca.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Des centaines d'hommes des Bangladesh Rifles (BDR), une unité paramilitaire chargée de la surveillance des frontières, s'étaient mutinés le 25 février durant 33 heures contre leurs officiers après le rejet de revendications concernant leurs soldes et leurs conditions de travail.Au moins 74 personnes avaient été tuées, la plupart des militaires dont les corps affreusement mutilés avaient été mis au jour dans des fosses communes et des égouts.

«Il y avait de la colère au sein des troupes des BDR à propos du mode de vie de leurs supérieurs de l'armée de terre», a commenté le chef de la commission d'enquête, Anisuzzaman Khan.

Des paramilitaires «avaient l'impression que leurs officiers vivaient dans le luxe, tandis que les soldats des BDR étaient mal payés. Tout a explosé ce jour là», a-t-il poursuivi.

Il a expliqué que les hommes des BDR se plaignaient depuis des années de leurs traitements, mais que cela n'a jamais été entendu et a fini par déclencher les événements «bien préparés» de février.

«Ils se plaignaient de la grille des salaires, du fait qu'ils n'étaient pas promus comme leurs homologues de l'armée de terre ou les régiments (bangladais) des forces de maintien de la paix de l'ONU», a conclu le responsable gouvernemental.

Ce rapport d'enquête constitue le premier éclairage complet sur une mutinerie qui fut un électrochoc au Bangladesh, dirigé depuis fin 2008 par le Premier ministre Mme Cheikh Hasina Wajed, à la tête de la Ligue Awami, un parti nationaliste laïc de gauche.

En mars, l'un de ses ministres avait en revanche assuré que des islamistes liés au groupuscule fondamentaliste clandestin Jamayetoul Moudjahidin Bangladesh (JMB) et infiltrés au sein du BDR étaient impliqués dans la mutinerie.

Le Bangladesh, un pays musulman laïc de 145 millions d'habitants, avait été la cible du JMB, qui avait notamment commis en une seule journée d'août 2005 quelque 400 attentats simultanés.