Deux missiles tirés par un avion sans pilote américain ont tué sept insurgés mercredi dans une zone tribale du nord-ouest du Pakistan, frontalière de l'Afghanistan, où sont basés des groupes de talibans, ont annoncé des responsables de la sécurité.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les missiles se sont abattus sur un bâtiment du secteur de Makeen, dans la zone tribale du Waziristan du Sud, connu pour être un bastion de talibans afghans et pakistanais, selon ces responsables.

Des témoins ont affirmé qu'il avaient visé deux véhicules.

Les services de renseignement ont également fait état de la présence de combattants du réseau Al-Qaïda dans ce secteur.

Des responsables des services de sécurité ont indiqué que sept insurgés avaient été tués, après un premier bilan qui faisait état de six morts.

«Une frappe menée par un drone (avion sans pilote) Predator a été menée dans le secteur de Makeen, à 12 kilomètres au nord-ouest de Ladha, à 17H00 (12H00 GMT)», a déclaré un de ces responsables.

Un responsable tribal, Haq Nawaz, a indiqué à l'AFP que parmi les tués figuraient des Ouzbeks et des Arabes, sans pouvoir en préciser le nombre.

Les insurgés de nationalité étrangère dans cette région sont généralement assimilés par les autorités à des combattants du réseau Al-Qaïda, alliés des groupes de talibans afghans et pakistanais basés dans les zones tribales.

36 frappes de missiles menées par des drones, dont seules sont équipées la CIA ou l'armée américaine opérant en Afghanistan, ont été menées depuis l'été 2008 dans les zones tribales.

Près de 350 personnes ont été tuées par ces tirs, des insurgés islamistes mais aussi des civils.

Les autorités pakistanaises avaient pris pour habitude les premiers mois de protester auprès des Etats-Unis, dénonçant des atteintes à la souveraineté nationale, mais les médias américains et pakistanais ont rapporté à plusieurs reprises qu'il existait des accords secrets entre les Etats-Unis et le Pakistan pour autoriser ces frappes.

Le tir de mercredi est le septième à frapper les zones tribales depuis l'entrée en fonction du président Barack Obama en janvier.

En se poursuivant après son élection, ces tirs avaient déçu les espoirs d'une approche plus modérée de la nouvelle administration américaine vis-à-vis du Pakistan.

Ce pays, pion essentiel dans le dispositif américain contre le terrorisme mis en place après les attentats du 11 septembre 2001, est en effet sous forte pression des Etats-Unis pour lutter plus activement contre l'extrémisme.

Les Etats-Unis s'apprêtent dans les prochains jours à dévoiler leur nouvelle stratégie dans la lutte contre les talibans en Afghanistan, qui inclut le Pakistan, jugé facteur à part entière du problème afghan.

Washington comme Kaboul affirment que les zones tribales pakistanaises servent de base arrière aux talibans pour mener des attaques contre les forces étrangères déployées en Afghanistan.

Pour tenter de lutter contre l'insurrection des talibans qui gagne du terrain y compris hors des zones tribales, le Pakistan a intensifié ces derniers mois ses offensives militaires dans ces régions, où plus de 1.500 soldats ont été tués dans la lutte contre les insurgés depuis 2002.