Une journaliste canadienne enlevée début novembre dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, où elle tournait un documentaire, a déclaré être détenue par les talibans dans une vidéo diffusée lundi par la télévision publique canadienne CBC.

Mis à jour le 23 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je suis en captivité depuis près de trois mois (...) Je ne suis pas vraiment sûre de l'endroit où je me trouve. Je suis quelque part dans la zone frontalière de l'Afghanistan. Il y a des raids aériens. (..) C'est une zone de guerre», dit Beverly Giesbrecht, 52 ans, entourée de deux hommes armés et visiblement très éprouvée. Mme Giesbrecht était arrivée en août dernier au Pakistan afin de tourner un documentaire devant présenter «le visage humain des talibans», a indiqué la CBC, qui n'a diffusé que des extraits de l'enregistrement.

Originaire de Vancouver (Colombie-Britannique, ouest), elle s'était convertie à l'Islam en 2002 et avait adopté le nom arabe de Khadija Abdul Qahaar.

Mme Giesbrecht a été enlevée début novembre par des hommes armés alors qu'elle voyageait dans un taxi dans le district pakistanais de Bannu.

«J'ai été kidnappée par les talibans la deuxième fois que je suis allée à Bannu», à une soixantaine de kilomètres de la frontière afghane, ajoute Mme Giesbrecht, dans cette vidéo qui constitue la première preuve de vie connue depuis son enlèvement.

«Je me réveille dans le noir et je me couche dans le noir. Il n'y a qu'un poêle à bois, mais pas assez de bois», poursuit la journaliste indépendante qui tournait un documentaire pour la chaîne arabe Al Jazeera. Son chauffeur et son traducteur ont également été kidnappés.

«Nous sommes au courant de la diffusion de la vidéo sur CBC», a déclaré une porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Lisa Monette, en soulignant que des représentants du ministère prenaient «toutes les mesures appropriées en ce moment afin d'obtenir la libération de Mme Giesbrecht».

«Nous ne partagerons pas d'information qui pourrait compromettre nos efforts ou qui pourrait mettre en danger la personne concernée», a ajouté Mme Monette dans un courriel à l'AFP.