Les rebelles séparatistes tamouls ont mené vendredi soir une attaque aérienne sur Colombo, la capitale sri-lankaise, avec deux avions légers, faisant au moins deux morts et 44 blessés, ont annoncé des sources militaire et hospitalière.

Mis à jour le 20 févr. 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Au moins deux personnes ont été tuées et 44 blessées, selon un médecin du principal hôpital de Colombo où ils ont été transportés après qu'un des avions eut largué une bombe sur le bâtiment principal du Trésor public. L'armée de l'air sri-lankaise a indiqué qu'elle avait abattu l'un des appareils alors qu'il tentait de s'éloigner de la capitale, tandis que la carlingue du deuxième a été retrouvée à l'intérieur du bâtiment.

Le seul aéroport international du pays a été fermé brièvement et les vols déroutés sur des aéroports de l'Inde voisine, ont indiqué des responsables, précisant que des retards d'une heure et demie maximum étaient à prévoir.

Le porte-parole de l'armée de l'air, Janaka Nanayakkara, a indiqué que des canons antiaériens avaient abattu un des appareils légers des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE, mouvement séparatiste) à proximité de l'aéroport international où les militaires disposent de leur principale base aérienne.

«L'un des avions des Tigres a été abattu près de Katunayake,» a indiqué M. Nanayakkara ajoutant que le corps du pilote avait été retrouvé par des militaires.

Selon le porte-parole militaire, Udaya Nanayakkara, les rebelles ont largué une bombe sur le bâtiment principal du Trésor public qui a pris feu. Plusieurs étages ont été détruits. Le bâtiment est situé près du quartier général de l'armée de l'air et d'un hôtel luxueux.

Toutefois, aucun ressortissant étranger ne figurait au nombre des victimes.

Des habitants de Colombo ont raconté qu'ils avaient entendu des explosions juste après que l'électricité eut été coupée sur ordre des autorités plongeant dans le noir la ville d'un demi-million d'habitants.

Des responsables militaires ont annoncé qu'ils avaient eu recours à des canons antiaériens dans plusieurs parties de la ville alors qu'ils traquaient deux avions du LTTE. Ceux-ci avaient décollé d'une étroite bande de terre qu'ils contrôlent encore dans le nord-est de l'île.

La dernière attaque aérienne des Tigres sur la capitale avait eu lieu en octobre et avait visé une centrale électrique. Elle n'avait cependant pas fait de victimes.

La principale attaque aérienne avait eu lieu en septembre. Elle avait eu pour objectif une base militaire dans le nord de l'île causant des dégâts considérables et tuant une dizaine de personnes.

Deux semaines plus tôt, les rebelles avaient attaqué la ville de Trincomalee, port situé dans le nord-est, visant la marine sri-lankaise. Au moins quatre personnes avaient été tuées et dix autres blessées.

Les Tigres disposeraient de cinq appareils Zlin-143 de fabrication tchèque, parvenus en contrebande dans l'île en pièces détachées puis assemblés sur place.

Ce raid aérien intervient alors que les forces gouvernementales affirment qu'elles ont complètement anéanti les capacités aériennes des Tigres.

Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées depuis que le LTTE a lancé une insurrection en 1972 pour obtenir un territoire indépendant pour la minorité tamoule hindouiste dans le nord et l'est de l'île à majorité cinghalaise bouddhiste.