Les pompiers combattaient toujours mardi les flammes qui ravagent le sud-est de l'Australie où les autorités ont lancé une vaste enquête sur l'origine de certains feux vraisemblablement criminels.

Le dernier bilan provisoire de la police s'établissait à 181 morts mais il risque de s'alourdir à mesure que les secours progressent dans les zones sinistrées, ont prévenu les autorités.

Environ 500 personnes ont été blessées, près d'un millier de habitations détruites et 365.000 hectares sont partis en fumée, selon le Premier ministre Kevin Rudd.

«Nous progressons route par route, maison par maison», a déclaré le préfet de l'Etat du Victoria, le plus durement éprouvé par ces incendies qui sèment la désolation depuis samedi dans les environs de Melbourne.

Pour faire face à un afflux de corps sans précédent, une morgue temporaire a été aménagée à Melbourne, deuxième ville d'Australie et capitale du Victoria.

«C'était comme une déferlante de flammes», a déclaré à l'AFP Russell Hildebrandt, un prêtre de la ville de Healesville, à 50 km au nord-est de Melbourne.

Une trentaine de feux de bush se sont déclarés depuis samedi, attisés par des vents violents combinés avec une chaleur caniculaire et une sécheresse extrême.

«Nous sommes sans voix à l'idée que certains de ces feux aient pu être provoqués à dessein», a déclaré devant le parlement M. Rudd. «C'est tout simplement un crime à grande échelle», a-t-il lancé.

Une équipe d'une centaine d'enquêteurs a été constituée pour traquer les pyromanes. L'opération «Phoenix» est la plus importante jamais lancée en Australie à la suite de feux.

Un homme de 31 ans et un adolescent de 15 ans, soupçonnés d'avoir volontairement déclenché deux feux séparés ont été arrêtés lundi et inculpés d'incendie volontaire.

«Plus tôt ils (les pyromanes) seront mis hors d'état de nuire, mieux ce sera pour tout le monde», a estimé le ministre de la Police du Victoria, Bob Cameron.

Touchés par la détresse de leurs concitoyens, les Australiens ont déjà fait parvenir plus de 30 millions de dollars australiens (20 millions USD) à des organisations caritatives pour aider les quelque 5.000 sans-abri.

Face à l'ampleur du désastre, le président américain Barack Obama a offert l'aide de son pays à son allié australien. «Le président a dit prier pour le peuple d'Australie et a présenté ses condoléances aux victimes», a indiqué lundi le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs.

Sur le terrain, les flammes menaçaient toujours mardi de s'étendre au-delà des coupe-feux établis par les milliers de pompiers bénévoles épaulés par l'armée.

Il s'agit des incendies les plus meurtriers dans le «pays-continent» depuis le «Mercredi de cendres» qui avait fait 75 morts en 1983.

Des hameaux ont été entièrement rasés et les récits tragiques abondent d'habitants rattrapés par les flammes et piégés dans leur véhicule ou leur maison.

La presse était remplie mardi de témoignages agrémentés de photos montrant des paysages lunaires et relatant l'insondable douleur de ceux qui ont perdu des êtres chers.

A Kingslake, un village des environs de Melbourne particulièrement éprouvé, Ross Buchanan a perdu un fils de 15 ans, McKenzie, et une fille de neuf ans Neeve. «J'ai perdu deux enfants et rien ne pourra les ramener», a-t-il dit à la chaîne Sky News.

Quelques rares histoires plus heureuses étaient également rapportées. Comme celle, relatée par le Telegraph, d'Angela O'Connor, qui, deux jours après la destruction de sa maison, a retrouvé son chien Chaz: il montait fidèlement la garde devant les ruines.