(Mina) L’Arabie saoudite a mis en garde lundi contre des températures extrêmes à La Mecque, où plus d’une dizaine de morts liées à la chaleur ont été confirmées au grand pèlerinage musulman.

Ce rite annuel, l’un des plus grands rassemblements religieux au monde, s’est déroulé cette année encore en été, saison particulièrement chaude en Arabie saoudite.

Plus de 2700 cas d’« épuisements dus à la chaleur » ont été recensés pour la seule journée de dimanche, a indiqué le ministère de la Santé à la fin du grand pèlerinage.

Lundi, la météo saoudienne a indiqué sur X que la température avait atteint 51,8 degrés à La Mecque, première ville sainte de l’islam située dans l’ouest du pays, où les pèlerins étaient en train d’achever le hajj.

Certains faisaient le tour de la Kabaa, une construction cubique au centre de la Grande Mosquée, alors que d’autres achevaient dans la vallée proche de Mina le rituel de lapidation de Satan, devant des stèles symbolisant le diable sur lesquelles ils ont jeté des cailloux.

« Les lieux saints enregistrent aujourd’hui les températures les plus élevées depuis le début du hajj qui peuvent atteindre 49 degrés, et nous conseillons aux invités de Dieu de ne pas s’exposer au soleil », a déclaré le ministère de la Santé, selon la chaîne de télévision d’État El-Ekhbariya.

Karwan Stoni, porte-parole officiel pour les pèlerins du Kurdistan autonome d’Irak, a confirmé la mort de 13 pèlerins kurdes, dont 11 femmes, en majorité des « personnes âgées ».

Il a évoqué « plusieurs raisons » à ces morts, « en particulier la température élevée » et des « crises cardiaques ».

« Douze d’entre eux y sont allés avec un visa de tourisme […] et n’avaient pas le permis » approprié, a-t-il précisé, ce qui les empêchait d’accéder aux espaces climatisés mis à disposition des pèlerins.

« Vague de chaleur extrême »

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a déclaré dimanche que 14 pèlerins jordaniens étaient morts « après avoir subi une insolation due à la vague de chaleur extrême », et que 17 autres étaient « portés disparus ».

Téhéran a fait état de la mort de cinq pèlerins iraniens, sans en préciser la cause, tandis que Dakar a déclaré que trois pèlerins sénégalais avaient perdu la vie.

PHOTO SALEH SALEM, REUTERS

Un responsable indonésien, actuellement en Arabie saoudite, a déclaré lundi que 136 pèlerins indonésiens étaient morts pendant le Hajj, dont au moins trois victimes de coups de chaleur.

« La prévention est importante et les pèlerins ne doivent pas sortir aux heures les plus chaudes, sauf en cas de nécessité, ou utiliser un parapluie », a souligné le ministère saoudien de la Santé.

« Nos consignes sanitaires pour les jours à venir sont claires et simples : porter un parapluie, boire régulièrement de l’eau et éviter de s’exposer au soleil », a ajouté le ministère.

Cette année, le hajj a attiré environ 1,8 million de pèlerins, dont 1,6 million de l’étranger, selon les autorités saoudiennes.

Lundi, à Mina, les pèlerins s’aspergeaient la tête d’eau tandis que les autorités distribuaient des boissons fraîches et des glaces au chocolat qui fondaient rapidement.

« Journée très difficile »

Azza Hamid Brahim, une Égyptienne de 61 ans, a raconté avoir vu des corps immobiles sur le bord de la route menant aux stèles représentant Satan.

« On aurait dit le Jugement dernier, la fin du monde ». « C’était une journée très difficile. Nous nous sommes dit : “C’est fini, nous allons mourir” à cause de la canicule », a-t-elle confié.

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Arzu Farhaj, du Pakistan, a déclaré qu’elle s’était efforcée de trouver de l’aide pour une femme qui gisait sur le bord de la route.

« Elle n’avait personne. Et les gens passaient par là » indifférents, a-t-elle expliqué. « Nous avons demandé à la sécurité d’appeler une ambulance ou quelque chose de ce genre, mais il n’y avait rien de tel ».

Le hajj est l’un des cinq piliers de l’islam et les musulmans qui en ont les moyens doivent l’accomplir au moins une fois dans leur vie.

Il est une source de prestige et de légitimité pour l’Arabie saoudite, dont le roi porte le titre de « Gardien des deux saintes mosquées » de La Mecque et de Médine.

Dans un message, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, a déclaré dimanche que son pays avait le devoir de « tout faire pour aider les fidèles à accomplir leur culte en toute sécurité et en toute assurance ».