(Bangkok) La Cour constitutionnelle thaïlandaise a requis mercredi des éléments supplémentaires dans deux affaires à haute sensibilité politique, la première concernant le premier ministre et la seconde le principal parti d’opposition risquant la dissolution.

La Cour réexaminera ces dossiers mardi prochain.

Les juges ont demandé à la commission électorale d’apporter de nouveaux témoignages pour soutenir sa plainte visant le mouvement pro-démocratie Move Forward (MFP), accusé de lèse-majesté, d’après un communiqué de l’instance.

MFP a remporté les législatives de 2023 sur la base d’un programme de rupture vis-à-vis de la monarchie et des institutions, mais sans parvenir à former un gouvernement, en raison de l’opposition du bloc conservateur pro-armée.

Le parti risque la dissolution, et ses leaders un bannissement de la vie politique, pour avoir promis durant la campagne de réformer la loi de lèse-majesté, l’une des plus sévères au monde de ce type.

Visage du renouveau souhaité par les jeunes générations, Pita Limjaroenrat, le chef de file de MFP lors des élections victorieuses, a dénoncé dimanche « une attaque contre la démocratie ».

La dissolution par la Cour constitutionnelle de Future Forward, qui a repris forme depuis sous le nom Move Forward, avait provoqué en 2020 des protestations d’ampleur à Bangkok durant plusieurs mois.

Dans le cas concernant le premier ministre Srettha Thavisin, la Cour a « demandé aux parties concernées d’identifier des témoins et des preuves ».

Le chef du gouvernement est visé par une requête de 40 sénateurs au sujet de la nomination d’un ministre qui a fait de la prison pour outrage au tribunal en 2008.

Le ministre concerné a depuis démissionné, mais Srettha Thavisin reste sous le coup d’accusations d’avoir enfreint des règles d’éthique, qui pourraient conduire à son départ.

La Cour constitutionnelle a été au cœur de plusieurs crises qui ont secoué ces dernières décennies la Thaïlande, pays réputé pour son instabilité politique, ses coups d’État et ses grandes manifestations, parfois émaillées de violences.